« Peindre le diable sur la muraille. » L'expression signifie : insister sur l'aspect négatif des événements. Nombreux sont, effectivement, ceux qui « peignent le diable sur les murailles » du Liban, de la Syrie et de toute la région.
Pourtant, en dehors des événements politiques qui accablent notre quotidien et risquent de nous plonger, sous couvert de réalisme politique, dans un gouffre de pessimisme, l'analyse de la conjoncture régionale et même locale est loin d'être négative.
1- Le Liban est appelé par la communauté internationale à jouer un rôle de projet pilote dans la région, et peut être aussi dans le monde, pour démontrer que des sociétés complexes, plurielles, formées de musulmans et de chrétiens, de sunnites et de chiites, peuvent vivre en paix.
La volonté des grandes capitales de préserver le pays devient de plus en plus claire. Il suffit en effet de repérer la « protection » accordée par ces capitales au secteur bancaire libanais, à l'armée libanaise et à la décision de former un gouvernement contre nature.
La visite de Benoît XVI à Beyrouth en septembre 2012 avait pour fonction de stimuler les Libanais en général et les chrétiens en particulier pour qu'ils deviennent les fers de lance d'un dialogue islamo-chrétien et juif.
Les pays ressemblent aux organes du corps humain. Ils ont une propriété, une fonction, et sont porteurs de messages selon la composition de leur tissu social, de leur position géographique et de leur histoire. Notre pays se trouve au carrefour géopolitique entre un Occident à majorité chrétienne et un Orient à majorité musulmane. Il se doit de renouveler son message de paix après les événements du 11 septembre 2001, la chute de l'Irak de Saddam Hussein en 2003, le printemps arabe et ses retombées, et l'implication du Hezbollah dans les guerres régionales...
Il s'agit d'une mission presque sacrée qui devrait être portée par tous les Libanais pour que nous puissions revendiquer la tête haute notre droit à la vie et que nous méritions le respect des autres.
2- Le monde arabe change. Il évolue dans le sens de l'histoire. Cette partie du monde qui comprend 500 millions d'hommes et de femmes a été privée depuis le début des années 50, et sous couvert de la lutte contre Israël, de sa dignité humaine, de sa liberté d'expression ainsi que de son droit le plus élémentaire à l'hospitalisation et à la scolarité...
Cette partie du monde présente actuellement ses lettres de créance pour adhérer à la mondialisation, au nouvel ordre mondial. Cette entrée dans le modernisme se fait parfois dans la violence, les larmes et le sang, la déstabilisation sécuritaire et politique.
La dynamique dans laquelle se trouve désormais cette partie du monde s'inscrit dans le sens de l'histoire de tous les peuples. Elle ne reviendra pas en arrière. Aussi sommes-nous appelés à accompagner et véhiculer cette nouvelle vague de changement pour éviter de nous retrouver sur les bancs de l'histoire.
3- L'être humain change aussi. Les individus possèdent désormais des comptes personnels sur Twitter, Facebook... Cet attachement à la révolution mondiale sur le plan des télécommunications les stimule à réfléchir désormais en tant qu'individus et en tant que citoyens, alors qu'ils étaient autrefois réduits à de simples tribus, ou bien à des chiffres sans identité propre dans leurs pays.
Nous avons longtemps réduit la Libye, l'Égypte, l'Irak, la Syrie à quatre ou cinq familles, les Kadhafi, Moubarak, Hussein, Assad... Aujourd'hui, cette réduction, cette synthèse est devenue impossible. Chaque femme, chaque homme est pleinement devenu une entité indépendante. Chacun d'eux peut désormais manifester sa joie, sa colère, son enthousiasme, sa déception et son aspiration au progrès sur les réseaux sociaux, dans les urnes ou dans la presse.
Le 14 mars 2005, c'était déjà cela. La naissance de la « foule intelligente », née, paradoxalement, du processus d'individuation.
Or ces changements fondamentaux méritent d'être pris en considération par tous les Libanais, et surtout par ceux qui n'en finissent pas de « peindre le diable sur les murailles ». Ils représentent une fenêtre ouverte sur un nouveau monde, plus humain.
Je suis père de trois enfants, étudiants au Liban. Je les pousse, avec l'aide de leur maman, à s'appliquer dans leur langue vernaculaire, la langue arabe.
La reconstruction de la région les attend. Elle attend leur médiation avec les multinationales étrangères. La région attend leur savoir-faire. Le monde, au-delà des enjeux strictement politiciens, a le regard posé sur nous.
Ne nous entourons pas de négativisme. Ne bâtissons pas davantage de murailles. Ne baissons pas les bras. Tout reste possible. Plus que jamais, même.
*Farès Souhaid, ancien député, est le secrétaire général de l'alliance du 14 Mars
Lire aussi
Salam invite les ministres à fixer leurs priorités
À Meerab, une délégation du 14 Mars réaffirme le refus du « maudit triptyque »
Réunion des Amis du Liban probablement le 5 mars à Paris
1- Le Liban est appelé par la communauté internationale à jouer un rôle de projet pilote dans la région, et peut être aussi dans le monde, pour démontrer que des sociétés complexes, plurielles, formées de musulmans et de chrétiens, de sunnites et de chiites, peuvent vivre en paix.La volonté des grandes capitales de préserver le...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
MOLLY SELWAN-Faisant partie des “ aficionados” de la Liberté de la Souveraineté et de L´indépendance du Liban ; Concepts devenus presque une doctrine affirmée et répandue par le 14 mars, je me permets de répondre à Mr Farés Souhaid avec tout mon respect pour son point de vu personnel. Je considère que voir la réalité en face, soit chaque semaine : au-delà de cent blessés, une dizaine de morts, plusieurs bâtiments détruits, des familles entières à la rue, c´est déjà suffisant pour tirer la sonnette d´alarme sans pour cela paraitre pessimiste. Tant pis pour ceux qui veulent plonger la tête dans le sable et vouloir ignorer la réalité pour fabuler sur d´hypothétiques splendeurs futures. Quant aux promesses Internationales, je dirais aussi que « L´enfer est pavé de bonnes intentions. »… Cet enfer de peur quotidienne dans lequel vit le peuple Libanais, quand donc s´arrêtera-t-il ? Nous avons aussi poussé nos enfants à aimer leur patrie et à la servir, et voilà que leurs enfants vivent de nouveau les mêmes peurs ! Je voudrai juste pour la mémoire de l´histoire rappeler que cela fait trois générations que nous attendons que le Liban devienne « La Suisse du Moyen-Orient ». Nous faudrait-il combien de temps encore voir s´accumuler les cadavres pour atteindre ce but ? A constater l’état lamentable de notre République, nous arrivons à cette assurance incontournable que : Sans SÉCURITÉ, on ne peut rien faire.
14 h 41, le 19 février 2014