Jackie,
Depuis le lycée, tu as l'art de ne laisser personne indifférent et je suis content de voir que ça n'a pas changé. Le Liban t'a perdue de vue depuis que tu as choisi de faire tes études en Suisse. Te connaissant, je suis certain qu'il est resté dans ton cœur et dans ton esprit. Comme tellement de Libanais avant et après toi, tu as choisi l'émigration parce que le Liban ne pouvait pas t'offrir ce que tu cherchais. Tu as choisi de vivre loin de ta famille et de tes amis parce que ton pays, qui t'a vu faire tes premiers pas et tes premières pistes, n'était pas à la hauteur de tes ambitions. Tu es partie pour toi, mais je réalise maintenant que tu es aussi partie pour le Liban. Depuis que les Alpes font partie de ton voisinage, tu n'as pas cessé de retravailler ta technique et d'améliorer tes performances dans le but de te rendre et de nous rendre fiers. Sinon, comment expliquer tes deux qualifications consécutives aux JO de Vancouver et de Sotchi? Comment expliquer la fierté et l'euphorie que tu ressens à chaque fois que tu hisses notre drapeau et que tu portes nos couleurs sur la scène du sport international?
Jackie, si j'ai appris quelque chose depuis le lycée, c'est que les chiens aboient et la caravane passe. Ils aboieront encore et toujours, mais tu passeras. Armée de ton intelligence, de ta beauté et de ta fierté, tu traverseras toutes les lignes d'arrivée que la vie te tracera, tout en restant intacte, indemne et intègre. Malheureusement, des canidés, il y en a de toutes les espèces ici, mais rassure-toi, ils n'aboient que de peur. Ils ont peur de ce que tu représentes. Tu es une femme libre, indépendante, combative et tu portes en toi les espoirs d'une jeunesse qui rêve d'atteindre ces mêmes hauteurs que tu fréquentes au quotidien. Sois forte comme tu l'as toujours été. Tes amis et ta famille seront toujours à tes côtés. Ne perds pas espoir pour ton pays. Un jour viendra où tous ceux qui lui portent préjudice s'enfuiront, la tête basse.

