Le ministre des Finances P. Chidambaram a rejeté les accusations de « paralysie politique ». Prakash Singh/AFP
Le gouvernement indien a défendu hier son action, après 10 ans sous la direction du Premier ministre Manmohan Singh, et a promis de garder sous contrôle les déficits publics d'ici aux élections législatives du printemps, lors de la présentation du budget provisoire.
Le ministre des Finances P. Chidambaram a rejeté les accusations de « paralysie politique », soulignant que le gouvernement était parvenu à sortir de la pauvreté 140 millions de personnes en 10 ans, lors de la présentation de ce budget pour 2014-2015.
Ce budget provisoire doit permettre au gouvernement de couvrir les dépenses jusqu'aux élections prévues d'ici à mai avant l'arrivée d'un nouvel exécutif à qui il reviendra de décider des prochaines grandes orientations budgétaires.
Le Premier ministre Manmohan Singh, qui achève dix années à la tête d'une coalition gouvernementale conduite par le parti du Congrès, doit faire face aux critiques sur son incapacité à relancer la croissance, à endiguer l'inflation et à réduire la corruption.
Le parti du Congrès est en net retard dans les sondages sur le Parti nationaliste hindou (BJP) à l'approche du scrutin.
« Notre plus grande fierté est d'avoir permis à 140 millions de personnes de sortir de la pauvreté », a dit le ministre des Finances en conclusion de sa présentation au Parlement.
« Je rejette les accusations de paralysie politique, a-t-il ajouté, laissons l'histoire juger de ces dix dernières années. »
Promettant de tenir le cap de la baisse des déficits, le ministre des Finances a annoncé que le déficit public atteindrait 4,6 % du PIB pour l'exercice budgétaire 2013-2014 qui s'achève fin mars, soit « sous la ligne rouge » de 4,8 % fixée l'an dernier.
Il entend poursuivre ses efforts avec un déficit public de 4,1 % pour l'exercice 2014-2015.
« Je peux vous assurer que le déficit public recule, le déficit des comptes courants est tenu, l'inflation est modérée et le taux de change stable », a dit le ministre.
L'Inde a connu un été 2013 difficile notamment en raison de la fuite de capitaux étrangers anticipant la fin de la politique monétaire accommodante des États-Unis. Le gouvernement a pris depuis des mesures pour réduire son déficit courant, mesure large des échanges avec l'étranger, et endiguer la chute de la roupie.
Coup de pouce à l'automobile
Sur le front de la croissance, le ministre des Finances a confirmé qu'il prévoyait une légère amélioration d'ici à fin mars, avec une hausse moyenne de 5,2 % sur les deux derniers trimestres de 2013-2014 permettant d'atteindre une croissance de 4,9 % sur l'exercice.
Il s'agit cependant d'un taux nettement inférieur à la croissance de près de 10 % qu'a connue la troisième économie d'Asie pendant une décennie. En 2012-2013, le pays avait enregistré une croissance de seulement 4,5 %.
Le ministre a aussi annoncé un coup de pouce à plusieurs secteurs industriels.
« La situation économique actuelle nécessite des interventions qui ne peuvent attendre le prochain budget complet », a-t-il dit. « La production manufacturière est le talon d'Achille de l'économie indienne » et « la baisse de l'investissement manufacturier est particulièrement inquiétante », a estimé le ministre.
Des impôts indirects (droits d'accise) sur l'automobile et sur les téléphones mobiles vont ainsi être réduits afin de relancer la production en Inde. « Le secteur manufacturier a besoin d'incitations immédiates », a-t-il reconnu.
La baisse des droits dans l'automobile concernera en particulier les petits modèles, créneau dominé par le groupe indien Maruti Suzuki.
Le ministre a aussi annoncé que le budget de la Défense augmenterait de 10 % notamment pour financer les retraites du personnel. L'Inde est le premier importateur d'armes conventionnelles, mais des pans entiers de son armée connaissent un retard criant de modernisation.
(Source : AFP)


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