L'amnistie pour les manifestants ukrainiens entre en vigueur aujourd'hui, a annoncé hier le parquet général après l'évacuation de la mairie de Kiev et d'autres bâtiments publics en province, qui était un préalable à l'application de cette loi. « La loi prévoit l'abandon des poursuites contre les personnes ayant commis des délits entre le 27 décembre et le 2 février », a indiqué le parquet dans un communiqué.
L'opposition ukrainienne avait sommé hier le pouvoir d'abandonner « immédiatement » les poursuites contre les manifestants, quelques heures après avoir évacué la mairie de Kiev, lieu symbolique de la contestation contre le régime du président Viktor Ianoukovitch. La mairie prise d'assaut le 1er décembre et transformée en « QG de la révolution » a été évacuée en bon ordre dans la matinée, les contestataires ne laissant comme traces de leur passage que les nombreuses affiches et autocollants dont ils avaient décoré les lieux.
Mais en milieu d'après-midi, plusieurs centaines de manifestants se sont à nouveau rassemblés devant le bâtiment. La mairie était un lieu très symbolique de la contestation tout comme le Maïdan tout proche, la place centrale de Kiev occupée depuis la volte-face prorusse du président Viktor Ianoukovitch fin novembre, au détriment d'un rapprochement avec l'Union européenne. L'annonce de l'abandon de la mairie a donc été mal vécue par les dizaines de milliers de personnes réunies sur le Maïdan, qui estiment que c'était une « mauvaise décision » de la part de l'opposition qui n'a rien reçu en échange.
La ministre européenne des Affaires étrangères Catherine Ashton a également appelé hier le gouvernement ukrainien à abandonner toutes les accusations en cours contre les manifestants de l'opposition, tout en saluant les derniers gestes des deux parties pour apaiser les tensions. L'évacuation de la mairie était un préalable exigé par les autorités pour amnistier les 234 manifestants arrêtés, qui ont été libérés, mais qui encourent toujours de lourdes peines pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison.
Par ailleurs, l'un des responsables de l'opposition, Arseni Iatseniouk, a annoncé qu'il allait rencontrer aujourd'hui à Berlin la chancelière Angela Merkel pour demander à l'Europe une aide financière pour l'Ukraine et l'instauration d'un régime sans visa pour les Ukrainiens en Europe.
(Source : AFP)


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