Matteo Renzi, le chef du Parti démocrate (PD) pressenti pour devenir le prochain chef du gouvernement italien, rédige son programme et prépare son équipe, mais rencontre déjà les premiers obstacles dans l'attente de sa nomination officielle.
Le maire de Florence, âgé de 39 ans, poursuit ses consultations, plus délicates que prévues en raison des réticences aussi bien de ses alliés de droite que de ses amis de gauche. Le premier coup dur est arrivé avec le « non » annoncé samedi soir par son ami, l'écrivain Alessandro Baricco, auteur du célèbre Soie publié en 1996, que Matteo Renzi envisageait au ministère de la Culture. Second non de taille, celui d'Andrea Guerra, patron du grand groupe international Luxottica, et auquel il souhaitait confier le ministère du Développement économique. Le ministère-clé de l'Économie, alors que la péninsule peine à sortir de la récession, constitue un autre problème pour Matteo Renzi qui devrait y désigner un dirigeant politique de poids mais « compétent, ayant de l'autorité et de la crédibilité auprès de Bruxelles et de la BCE », selon le Corriere della Sera. « Premiers obstacles pour Renzi, négociations difficiles avec Alfano » Angelino, vice-Premier ministre sortant et chef du Nouveau centre-droit (NCD), écrit le Corriere.
Le jeune chef du PD est pressé d'arriver au pouvoir après avoir fait voter jeudi par la direction du parti une motion de défiance envers son prédécesseur et membre du même parti, Enrico Letta. Il était convaincu d'obtenir le mandat pour former le gouvernement des mains de M. Napolitano dès samedi soir, à la fin des consultations politiques que ce dernier a menées tambour battant avec les principaux dirigeants du pays.
Méfiance générale
Mais nombre de ces derniers, méfiants envers M. Renzi qui promettait il y a une semaine à peine son soutien au gouvernement Letta, ont voulu lui montrer qu'il devait désormais composer avec leurs exigences, faute de disposer avec son parti d'une majorité dans les deux Chambres du Parlement. Le plus explicite a été Angelino Alfano qui s'est déclaré samedi prêt à participer à un éventuel gouvernement Renzi, à deux conditions. D'abord que « l'axe de l'actuelle coalition "anormale" droite/gauche ne se déplace pas vers la gauche ». La seconde condition est de « faire les choses en grand » pour sortir le pays de la crise, en ciblant « la classe moyenne ». Le chef du NCD a renchéri hier, rappelant que son parti était « indispensable » pour Matteo Renzi.
(Source : AFP)


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