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Lifestyle - Objets Et Histoire

Arme de séduction massive...

Le port sur les lèvres d'un produit coloré remonte à la civilisation mésopotamienne. Les femmes se servaient alors d'un mélange à base de pierres semi-précieuses broyées pour colorer leur bouche. Dans l'Antiquité, on utilisait un mélange d'algues, d'iode et de brome pour teinter ses lèvres, ce qui donnait une jolie couleur entre le bordeaux et le pourpre, mais surtout de nombreuses maladies. Dans un style moins dangereux mais plus Koh-Lanta, Cléopâtre appliquait sur ses lèvres un mélange d'insectes broyés, des coléoptères de carmin... À l'époque de l'Empire romain, il était utilisé pour indiquer le rang social de la personne qui le portait. Les hommes n'hésitaient pas à s'en mettre également.
On doit au physicien et grand chirurgien arabe Aboulcassis l'invention au Xe siècle du rouge à lèvres solide. Il était composé de parfum et d'autres ingrédients pressés dans des moules. Il a décrit le processus dans son œuvre, l'Encyclopédie de médecine et de chirurgie, al-Tasrif. Mais à cette époque, en Europe, l'utilisation du maquillage était bannie par l'Église. Il revient petit à petit au XVIe siècle, tout d'abord en Angleterre. À la cour d'Elizabeth I, on utilisait la pommade aux raisins : elle se composait de beurre frais, de cire d'abeille, d'écorce de racines d'orcanette qui fournit une teinture rouge, et de raisin noir écrasé et débarrassé de sa pulpe pour farder la bouche. Un engouement qu'on comprend alors en sachant qu'en 1952, lors de son couronnement, la reine Elizabeth II portait une couleur spécialement créée pour s'accorder avec sa robe, « The Balmoral Lipstick »... Mais, paradoxe, en 1770, le Parlement Anglais a tenté de faire passer une loi interdisant le rouge à lèvres. Ce projet prévoyait que « les femmes reconnues coupables d'avoir utilisé des moyens cosmétiques pour séduire des hommes dans le but de se faire épouser pourraient être jugées de sorcellerie ». Fort heureusement, il n'a pas été voté...
L'usage du rouge à lèvres et du maquillage en général ne redevient populaire qu'au XIXe siècle. L'actrice Sarah Bernhardt participe largement à la popularisation du maquillage des lèvres en osant porter du rouge en public, ce qui ne se faisait pas du tout à cette époque. Car avant, la coloration des lèvres était l'apanage des comédiennes de théâtre et... des galantes. La plupart des femmes boudent l'usage du rouge à lèvres, certaines affirmant même qu'aucun homme n'accepterait d'embrasser des lèvres recouvertes d'un rouge artificiel. En 1915, un certain Maurice Lévy, outre-Atlantique, dépose un brevet pour un bâton à système coulissant. Eurêka ! Le rouge, bientôt, sera sur toutes les bouches, démocratisé par des marques comme Estée Lauder et Elizabeth Arden. La même année, la découverte des colorants synthétiques révolutionnant la fabrication des rouges à lèvres, c'est enfin la possibilité d'obtenir toutes les nuances. Dans les années 30, Elizabeth Arden est la première à proposer des rouges de différentes couleurs... Pendant la Seconde Guerre mondiale, tous les cosmétiques étaient rationnés, sauf le rouge à lèvres car Winston Churchill voyait l'impact positif qu'il avait sur le moral. De fait, les ventes sont restées stables pendant toute cette période.
Après la Seconde Guerre mondiale, le phénomène pin-up et les icônes de Hollywood finissent de populariser le port du rouge à lèvres, et depuis, il ne cesse d'évoluer, se déclinant en mille et une teintes. Elizabeth Taylor aimait tellement son rouge à lèvres qu'elle exigeait que personne d'autre n'en porte sur les plateaux...
Mais une des plus jolies anecdotes sur le rouge à lèvres date de la libération des camps de concentration. Les femmes se sont vu donner en priorité des rouges à lèvres. Le lieutenant-colonel Mervin Willett Gonin le raconte dans son journal : « Ce fut peu après l'arrivée de la Croix-Rouge anglaise qu'une très grande quantité de rouge à lèvres arriva. Ce n'était pas du tout ce que nous autres voulions, nous nous époumonions pour des centaines de milliers d'autres choses et je ne sais pas qui réclama du rouge à lèvres. J'aimerais tellement savoir qui fit cela, ce fut un coup de génie, de la pure et simple intelligence. Je crois que rien ne fit tant pour ces détenus que le rouge à lèvres. Des femmes allongées sur des lits sans draps ni chemises de nuit, mais avec les lèvres vermeilles, vous pouviez les voir errer avec rien d'autre qu'une couverture sur leurs épaules, mais avec les lèvres vermeilles. (...) Enfin, quelqu'un avait fait quelque chose pour qu'elles redeviennent des individus, elles étaient quelqu'un, non seulement le numéro tatoué sur leur bras. Enfin, elles pouvaient s'intéresser à leur apparence. Ce rouge à lèvres a commencé à leur rendre leur humanité. »
Le rouge à lèvres, bien plus qu'un simple accessoire qui nous suit à travers les âges, est un symbole de confiance, de beauté et de féminité. Mesdames, à vos sticks... quelle « joy » !

SOURCES PRINCIPALES :
puretrend.com
consoglobe.com
nouvelobs.com
france2.fr

Le port sur les lèvres d'un produit coloré remonte à la civilisation mésopotamienne. Les femmes se servaient alors d'un mélange à base de pierres semi-précieuses broyées pour colorer leur bouche. Dans l'Antiquité, on utilisait un mélange d'algues, d'iode et de brome pour teinter ses lèvres, ce qui donnait une jolie couleur entre le bordeaux et le pourpre, mais surtout de nombreuses maladies. Dans un style moins dangereux mais plus Koh-Lanta, Cléopâtre appliquait sur ses lèvres un mélange d'insectes broyés, des coléoptères de carmin... À l'époque de l'Empire romain, il était utilisé pour indiquer le rang social de la personne qui le portait. Les hommes n'hésitaient pas à s'en mettre également.On doit au physicien et grand chirurgien arabe Aboulcassis l'invention au Xe siècle du rouge à lèvres solide. Il était...
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