« Et le soleil se leva »
« Et le soleil se leva » (traduction de Wa Achrakat al-chams) est le titre d'un feuilleton 100 % libanais (scénario, réalisation, production, interprètes, langage) que j'ai visionné dernièrement. C'est bien la première fois que je m'embarque dans pareille aventure. D'habitude à la maison ce sont les séries américaines qui ont la cote, à part deux ou trois exceptions (turques, doublées syrien).
Je me suis tapé les 41 épisodes sans rechigner, et cela m'a enchanté. L'histoire est attachante (la vie dans la montagne libanaise à la veille et durant la Première Guerre mondiale), la réalisation est efficace, l'interprétation est impeccable (tous les acteurs sont surprenants d'authenticité, sauf peut-être quelques cabotinages de la part de l'acteur principal), le dialogue est intelligent et sans fioritures inutiles, le langage est le libanais parlé bien de chez nous, le décor d'époque est bien rendu. Une belle expérience à encourager et à renouveler.
Un seul bémol cependant : les scènes romanesques. La mise en scène a dû (?) suivre à la lettre les règles de la bienséance orientale, ce qui a rendu les effusions amoureuses gauches et faussement prudes. Pour une production de cette qualité, il fallait faire plus authentique, sans pour autant verser dans l'étreinte « à l'occidentale ». Après tout, un baiser, ce n'est pas la fin du monde, que diable ! Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer (comme dirait Cyrano)...
Nohad BAROUDI
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De Beyrouth au reste du monde
Un homme est monté dans un bus. Cet homme s'est fait exploser dans ce bus. Il a été réduit en miettes et a grièvement blessé le chauffeur qui était seul à bord. Ça s'est passé dans la banlieue de Beyrouth. Pas très loin de chez moi. Enfin géographiquement pas très loin de chez moi. Parce qu'en réalité c'est très loin de chez moi. De là où moi je suis. De ce qui habite mes pensées, de ce qui fait ma vie. Je ne suis pas une barbare. Je ne tue même pas un cafard. J'ai juste envie d'aimer les autres, de lire, de créer, d'écrire des livres, de rire, de voyager, de boire, de manger, enfin toutes ces choses simples qui font ma vie. Je n'ai rien d'une héroïne, encore moins d'une martyre. Je ne suis pas une extrémiste et certainement pas une fanatique. Mon pays m'a donné toute la sensualité du monde. Mes cinq sens sont attisés en permanence jusqu'à l'extase.
J'aime sentir l'odeur des arbres de mon pays, de la terre après la pluie, et du pain qui cuit. J'aime le goût du thym, celui des olives, du sumac et des pistaches grillées. J'aime regarder les couchers de soleil et cligner des yeux devant l'indécente lumière qui baigne mon pays. J'aime entendre la voix de mes parents, celle des voisins et ne jamais me sentir seule. J'aime caresser la vieille pierre de ma ville et la joue de mes enfants. Je suis née sur cette terre gorgée d'émotions qui sait comme aucune autre mélanger les bleus et les verts. Mais lui, il est né où ? Sur la même terre que moi ? Il a mangé du zaatar et du fattouch ? Il a caressé le front de sa mère ? Il est allé voir les cèdres ? Il a lu ou entendu Gibran ? Il a visité les mosquées et les églises qui parsèment les paysages ? Il s'est baigné dans cette mer tiède comme une étreinte ? Il a écouté Feyrouz et Wadih el-Safi ? L'homme qui est monté dans le bus avec la mort sur son ventre, avec la mort comme unique pensée, avec la mort dans le cœur et dans la tête, avec la mort comme présent et comme avenir, cet homme, je ne l'avais jamais vu.
Tania Hadjithomas MEHANNA
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Savoir ou se faire avoir
Le salafisme est une idéologie antidémocratique, suprématiste et haineuse qui doit être rejetée, une stratégie révolutionnaire violente qui vise à renverser les États musulmans pour instaurer par la force un État islamique. À l'origine de cette tendance, retenons le nom du cheikh Mohammad Nassereddine al-Albani, qui déclarait qu'il était partisan de la politique visant à la réislamisation des sociétés musulmanes, plutôt que d'une action directement politique de prise de contrôle du pouvoir. De la Tunisie à la Syrie en passant aujourd'hui par le Liban, ses partisans ne font que semer la terreur. Chez nous, le mystérieux cheikh Assir, en cavale depuis des mois, ne fait que féliciter les Libanais, à chaque opération terroriste, et en promettre d'autres plus importantes sur son twitter, beaucoup moins par attachement à une cause que par désir d'être présent dans les médias. Les Libanais se font avoir encore une fois avec les innombrables prises de position de cet homme qui défie avant tout l'armée Côté sécurité toujours, les Libanais ne comprennent plus ce que représentent ces drones qui survolent le territoire,s'ils sont réellement dangereux ou s'ils viennent secourir certaines personnalités politiques.
Antoine SABBAGHA
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À propos de francophonie
Je suis le chargé d'affaires p.i, de l'ambassade du Liban à Pretoria. J'ai été très surpris de lire dans le courrier des lecteurs de L'Orient-Le Jour en date du 5 février 2013 un commentaire émanant de Mme Annie Adam transmis par M. André Sacy sous le titre : « La francophonie ? Connais pas. »
J'avais croisé Mme Annie Adam dans un restaurant de Pretoria et je n'ai jamais pensé que cette rencontre « par hasard » comme elle le mentionne faisait office d'une sollicitation officielle à la participer à la fête de la Francophonie.
Je m'attendais à recevoir un mail, un courrier ou un coup de fil concernant les réunions d'information, surtout que j'ai donné mes coordonnées à Mme Annie Adam, et cela bien qu'elle soit amie de la francophonie sans aucune responsabilité administrative au sein de l'Alliance française, l'entité officielle qui organise les activités de la fête de la Francophonie à Pretoria en mars.
Je ne comprends pas pourquoi Mme Annie Adam s'acharne autant sur le Liban et sur l'ambassade du Liban à Pretoria.
Ara KHATCHADOURIAN
« Et le soleil se leva » (traduction de Wa Achrakat al-chams) est le titre d'un feuilleton 100 % libanais (scénario, réalisation, production, interprètes, langage) que j'ai visionné dernièrement. C'est bien la première fois que je m'embarque dans pareille aventure. D'habitude à la maison ce sont les séries américaines qui ont la cote, à part deux ou trois exceptions (turques, doublées syrien).Je me suis tapé les 41 épisodes sans rechigner, et cela m'a enchanté. L'histoire est attachante (la vie dans la montagne libanaise à la veille et durant la Première Guerre mondiale), la réalisation est efficace, l'interprétation est impeccable (tous les acteurs sont surprenants d'authenticité, sauf peut-être quelques cabotinages de la part de l'acteur principal), le dialogue est intelligent et...

