Le patriarche Raï accueillant M. Waël Abou Faour, délégué du chef du PSP, Walid Joumblatt. Photo ANI
Le document national publié mercredi par l'Assemblée des évêques maronites, réunis à Bkerké, a été salué par un grand nombre de personnalités politiques, notamment le président Michel Sleiman et le Premier ministre désigné, Tammam Salam, qui ont pris contact avec le chef de l'Église maronite pour l'en féliciter.
Au cours de son entretien téléphonique avec Mgr Raï, le chef de l'État s'est félicité, rappelle-t-on, de ce que « les constantes qui figurent dans le document vont dans le sens d'un État juste et moderne et mettent l'accent sur l'unité et la coexistence interlibanaises, fondées sur les règles du pacte national et sur la parité ». M. Sleiman a en outre salué la mention faite à la déclaration de Baabda dans le mémoire, à la neutralité du Liban face aux conflits régionaux, à la stratégie nationale de défense, au monopole des armes par les forces régulières, ainsi qu'aux résolutions du groupe international d'appui au Liban.
Tout en réaffirmant l'importance de l'attachement du Liban aux résolutions internationales, il a souligné « l'insistance du mémoire sur la démocratie qui s'exprime par l'alternance au pouvoir et le concept de l'État de droit, lui-même fondé sur un concept fondamental qui est la bonne application de la Constitution et des lois ». Celle-ci « implique à son tour une acception des résultats qu'elles génèrent et non pas un blocage destiné à en neutraliser les effets si elles ne correspondent pas aux intérêts et aux orientations d'une partie déterminée », a affirmé le président en allusion à la position du CPL notamment au sujet du dossier gouvernemental.
M. Tammam Salam a relevé pour sa part au cours de son entretien téléphonique avec le patriarche que le document a été « publié au bon moment » et qu'il est de nature « à apaiser la population (...) qui a besoin d'entendre ce genre de propos ».
Le chef du courant du Futur, Saad Hariri, le président du bloc parlementaire de ce parti, Fouad Siniora, et le député Boutros Harb ont également pris contact avec le patriarche pour saluer son initiative, alors que le chef du PSP a dépêché, dans le même but, le ministre sortant des Affaires sociales, Waël Abou Faour, à Bkerké.
À sa sortie du siège du patriarcat, M. Abou Faour a indiqué qu'il a transmis à Mgr Raï l'hommage rendu par le chef du PSP au mémoire et qu'il a par ailleurs discuté avec lui de l'actualité politique.
D'autres personnalités ont également salué l'initiative de Bkerké. Le député Marwan Hamadé a considéré que le document « complète la déclaration de Baabda dans sa dimension politique, sociale et sécuritaire, de même qu'il est tout aussi important qu'elle ». « Les deux sont d'une importance capitale pour l'avenir des chrétiens et des Libanais en général », a-t-il ajouté, en laissant entendre que le Vatican serait derrière la publication du document de Bkerké.
De son côté, le député Michel Pharaon a déclaré que le texte « reflète sincèrement les appréhensions des chrétiens en général et des Libanais en particulier en cette période et représente une feuille de route pour le présent et l'avenir, susceptible de sortir le Liban de la crise dans laquelle il se débat sur plusieurs plans ». Soulignant également qu'il s'inscrit dans le prolongement de la déclaration de Baabda, M. Pharaon a estimé que le document « commande une entente interchrétienne quant à sa teneur, en prélude à une entente nationale ».
Après avoir relevé que le mémoire « confirme les constantes et les valeurs autour desquelles les Libanais devraient se réunir, quelle que soit leur appartenance », M. Robert Ghanem a indiqué que « ce qui est important dans ce texte bâti sur la justice et l'égalité est qu'il ne peut perdurer que si une neutralité positive est adoptée à l'égard de la région arabe, à l'exception de la cause palestinienne ». Selon lui, le document a aussi « donné de l'espoir aux Libanais, toutes appartenances communautaires confondues, et a encouragé les chrétiens à assumer leur rôle historique dans leur pays et leur environnement arabe ».
La députée Sethrida Geagea a vu dans le mémoire de Bkerké un document « historique et fondamental en cette période critique » alors que les Kataëb ont jugé, dans un communiqué, qu'il « représente un prélude sûr au règlement de la crise actuelle dans toutes ses complications et ses conséquences ». M. Michel Moawad, président du mouvement de l'Indépendance, a estimé que le texte a « reconfirmé les choix historiques des chrétiens au Liban : la liberté, la coexistence, le pacte national, le pluralisme, la souveraineté, le monopole des armes, détenu par les forces régulières, la préservation des institutions constitutionnelles et l'alternance au pouvoir, ainsi que la neutralité positive et le respect des résolutions internationales ». Il a appelé l'ensemble des chrétiens à se rallier autour de ce document qui propose, selon lui, « une recette complète pour sortir des crises dans lesquelles le Liban se débat ». M. Moawad a aussi invité les partenaires musulmans à « annoncer leur attachement à ce texte ».
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12 h 06, le 07 février 2014