L’homme d’affaires Ratan Tata, ancien patron du groupe Tata, et Ian Callum, le directeur artistique de Jaguar, à l’exposition de New Delhi. Adnan Abidi/Reuters
Les constructeurs automobiles serrent les dents et rivalisent de nouveaux modèles au Salon de New Delhi pour surmonter le violent coup d'arrêt subi l'an dernier par le marché indien, convaincus de son potentiel à long terme. Une cinquantaine de marques mondiales vont promouvoir leurs modèles jusqu'à mardi dans la capitale indienne où sont prévus les lancements de 69 véhicules, dont une quinzaine de lancements mondiaux.
Habitués à une croissance exponentielle, les constructeurs ont cependant dû affronter une chute de près de 10 % du marché indien l'an dernier, la première depuis 11 ans, et n'entrevoient pas d'amélioration avant les élections législatives du printemps.
« Le premier mois de 2014 n'a pas montré d'amélioration et la situation reste difficile », a estimé ainsi Pravin Shah, directeur général de la division automobile de l'indien Mahindra.
« Nous espérons que le Salon de l'auto, où sont exposés de nouveaux modèles et technologies, va provoquer un déclic et donner un coup d'accélérateur bien nécessaire », a-t-il déclaré. Mahindra est le quatrième groupe sur le marché, avec une part de 12 % environ.
La faiblesse de la croissance l'an dernier – inférieure à 5 % –, la hausse des prix du carburant et une hausse des taux d'intérêt ont contribué au marasme.
« Difficile de dire quand le marché repartira mais le long terme ne suscite pas d'inquiétude », déclare de son côté le directeur exécutif de la division véhicules utilitaires, Ravi Pisharody, à l'AFP, mettant en avant la croissance des revenus des Indiens.
Avec une pénétration faible de 16 voitures pour 1 000 habitants, contre 39 en Chine ou 382 pour 1 000 aux États-Unis (chiffres de l'association des constructeurs automobiles indiens – SIAM), les perspectives sont bonnes, relèvent les industriels.
Aussi, nombre d'entre eux prévoient de poursuivre le développement de leurs capacités industrielles.
Des investissements toujours soutenus
Quelque 4,4 milliards de dollars ont été investis depuis deux ans dans de nouvelles capacités et 4,2 milliards devraient l'être au cours des deux prochaines années, selon Vikram Kirloskar, président du SIAM.
Reparti de zéro il y a deux ans en Inde après l'échec de son alliance avec Mahindra et du lancement de la Logan, Renault se montre optimiste sur les perspectives du marché.
« Il s'agit d'une pause normale après près de 10 ans de croissance », a estimé Sumit Sawhney, nouveau patron de Renault en Inde qui prévoit « un marché en 2014 légèrement supérieur à 2013 ».
Mais à terme, « nous espérons une croissance semblable à celle qu'a connu le marché indien précédemment », a ajouté M. Sawhney.
Le constructeur a profité du succès de son SUV (Sport Utility Vehicle), le Duster, commercialisé depuis juillet 2012, pour s'arroger une part de marché de 2,6 % en 18 mois, devenant le premier constructeur européen du pays devant Volkswagen.
Il va désormais faire porter ses efforts sur le segment des voitures à bas coût de moins de 400 000 roupies (environ 5 000 euros) qui représente la moitié du marché, en lançant un modèle sur ce créneau en 2015.
« Nous le faisons en Inde car les fournisseurs y sont les rois du "jugaad" », l'innovation via la débrouillardise, relève Marc Nassif, qui vient de quitter la direction de Renault en Inde. « Sur ce modèle, nous travaillons à la roupie près. »
Son allié Nissan fonde aussi de solides espoirs sur ce créneau de la voiture bon marché en Inde avec sa marque Datsun relancée l'an dernier.
Datsun a choisi l'Inde pour lancer mardi la production de sa citadine, la GO, dans l'usine de Chennai (Sud) et la marque doit dévoiler un nouveau modèle à Delhi.
Sur ce segment de la voiture à moins de 5 000 euros, la concurrence s'annonce cependant dure pour les nouveaux entrants, le groupe Maruti-Suzuki affichant son modèle phare, l'Alto, à moins de 4 000 euros.
(Source : AFP)


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