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Liban - Événement

One Lebanon : une envolée de voix festives, un seul appel à l’unité

Le concert pour l'unité du Liban a dépassé toutes les attentes et a rencontré un succès unanime samedi soir au Forum de Beyrouth. Il fallait y être pour comprendre.

L’équipe de One Lebanon a enchanté le public.

À près de 150 kilomètres du sanguinolent Hermel où explosait une voiture piégée samedi soir, faisant 3 morts et plus de 28 blessés, quelque 7 000 personnes venues de tous les coins du pays du Cèdre et une vingtaine de célébrités exclusivement libanaises se donnaient rendez-vous à Beyrouth pour faire la fête.
Ce n'est pas qu'elles manquent de patriotisme, bien au contraire. Elles sont toutes animées, en fait, par une seule et même volonté. Celle de vivre. Et elles ont toutes osé, le temps d'une soirée, rêver d'un Liban qui transcende les divisions.

Car c'est bien de cela qu'il s'agissait samedi soir, et c'est bien ce message d'unité qu'espérait véhiculer Tania Kassis en fondant l'association One Lebanon et en planifiant un concert audacieux qui puisse réunir sur une même scène des artistes de tous bords. Et la chanteuse a réussi son pari. Ce concert, unique en son genre, a ramené l'espoir et mis du baume au cœur de tous ceux qui s'étaient déplacés jusqu'au Forum de Beyrouth, malgré la situation sécuritaire chaotique, pour prendre part à l'événement. Pendant plus de deux heures, la troupe One Lebanon a ému, touché, fait rire et danser une salle quasi comble, à travers des interventions comiques, des minidiscours nationalistes et un bouquet de chansons minutieusement choisies par Tania Kassis et le musicien Michel Fadel, qui a brillamment passé le périlleux exercice de faire chanter des artistes venus d'univers musicaux (ou non musicaux) très différents, sans que cela ne semble disharmonieux à aucun moment du concert.

S'ouvrant sur l'hymne écrit et composé par Marwan Khoury, qui a réuni toutes les célébrités participantes, le spectacle a enchaîné avec plus de 20 chansons en français, en arabe ou en anglais, chantées toutes en duo ou en trio, et jamais en solo. Outre les cinq raisons ridiculement hilarantes, selon Nemr Abou Nassar, pour rester au Liban, les plaidoyers sincères de Georges Khabbaz, Charbel Raji, Rahaf Abdallah et Fadi el-Khatib, et l'apparition surprise de tante Yvonne, l'on retiendra du concert L'envie d'aimer, interprétée par Aline Lahoud, Mike Massy et Anthony Touma, saluée par une standing ovation, un medley très nostalgique des chansons de Feyrouz chanté par Brigitte Yaghi, Maguy Bou Ghosn et Carlos Azar, et un We Are the World très convivial prononcé par Aline Lahoud, Anthony Touma, Mike Massy, Tania Kassis, Roxanne, la sœur d'Anthony, et Zeina Daccache.

Cette dernière avait en tout cas très bien réussi à s'approprier le tube We Will Rock You aux côtés de Tony Abou Jaoudé, dont les remarquables prestations vocales ne font plus surprise. Autres moments phares du spectacle : le duo qui a réuni Tania Kassis et Mike Massy sur l'éternel chant de Magida el-Roumi, Am behlamak ya helem ya lebnan, et l'Ave Maria islamo-chrétien de Tania Kassis qui s'est fait accompagner par Hicham el-Hage, Maan Zakariya et Maritta Hellani, la fille de Assi el-Hellani qui s'en est très bien sortie du haut de ses 17 ans. C'est d'ailleurs sur une chanson de son père, Lebnani, que le concert a pris fin.

200 choristes sur scène
De son côté, le comédien Michel Abou Sleiman s'est essayé sur Tlo'na ala ldaw, aidé par Maguy Bou Ghosn, qui a enflammé le public avec Hicham el-Hage en reprenant plus tard Tallou hbabna, tallou. Carlos Azar a pour sa part repris avec Aline Lahoud le titre de son père Joseph Azar, Bektoub esmik ya bladi. Anthony Touma a quant à lui repris avec Mike Massy et Roxanne la chanson qu'il avait interprétée à « The Voice », Je veux chanter pour ceux, offerte à « tous ceux qui sont loin du Liban », avant que Joseph Attieh ne partage avec Brigitte Yaghi la scène sur son titre devenu un véritable hymne national, Lebnan rah yerjaa. Les chanteurs étaient accompagnés par ailleurs tout au long du spectacle par les rappeurs de Men el-ekhir, le groupe des Coolcumbers et les 200 choristes de Rawdat el-Fayha' (sunnites), de Tania Kassis (chrétiens en majorité), de l'école al-Marj (druzes) et de la Fondation Imam el-Sadr (chiites), avec Michel Fadel au piano et Mahmoud Massaad à la direction de la chorale.

« Les chiites habitent tous entre la banlieue sud et le sud du Liban, a raconté pour sa part Nicolas Mouawad. Les sunnites vivent tous entre le Nord et Beyrouth. Les druzes vivent dans la Montagne et les chrétiens sont un peu partout, mais surtout entre le Kesrouan et le Metn. Cette répartition et les différences qui existent entre nous sont une source de richesse. Mais nous en avons fait une source de divisions. Nous avons oublié que ce qui nous réunit est beaucoup plus important que ce qui nous sépare. Il suffit que nous soyons tous... libanais. »

« Certains ont tendance à nous épater sur Facebook après chaque attentat en affichant clairement leur profond désir de faire leurs bagages et de quitter le Liban, a clamé de son côté Nemr Abou Nassar. Que quelqu'un dise à ces idiots que nous ne voulons même pas d'eux s'ils ne peuvent assumer les problèmes du pays. Bon débarras ! »

Rarement un concert aura autant plu. Était-ce de savoir que l'argent récolté allait être véhiculé bientôt par de jeunes bénévoles jusque dans les écoles du pays ?
Était-ce de voir tous ces Libanais réunis – au moins – par la musique, toutes confessions confondues ? Ou de voir l'ambassadeur de Grande-Bretagne Tom Fletcher arborer fièrement le slogan « One Lebanon » comme aucun responsable libanais ne l'aurait jamais fait ? Peut-être. Mais au-delà de l'ambiance festive et conviviale pleine de vibrations positives, il y avait dans l'air, ce samedi soir au concert de One Lebanon, un élément que l'on peine à retrouver dans un quotidien libanais de plus en plus farci d'artifices. Il y avait de l'authenticité.


Pour mémoire

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À près de 150 kilomètres du sanguinolent Hermel où explosait une voiture piégée samedi soir, faisant 3 morts et plus de 28 blessés, quelque 7 000 personnes venues de tous les coins du pays du Cèdre et une vingtaine de célébrités exclusivement libanaises se donnaient rendez-vous à Beyrouth pour faire la fête.Ce n'est pas qu'elles manquent de patriotisme, bien au contraire. Elles sont toutes animées, en fait, par une seule et même volonté. Celle de vivre. Et elles ont toutes osé, le temps d'une soirée, rêver d'un Liban qui transcende les divisions.Car c'est bien de cela qu'il s'agissait samedi soir, et c'est bien ce message d'unité qu'espérait véhiculer Tania Kassis en fondant l'association One Lebanon et en planifiant un concert audacieux qui puisse réunir sur une même scène des artistes de tous bords. Et la...
commentaires (3)

Avec un peu de retard à cause des fouilles minutieuses des FSI , le concert pour l'unité du Liban a été en effet merveilleux nous faisant un peu oublier la guerre . Bravo pour nos artistes .

Sabbagha Antoine

14 h 04, le 03 février 2014

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Commentaires (3)

  • Avec un peu de retard à cause des fouilles minutieuses des FSI , le concert pour l'unité du Liban a été en effet merveilleux nous faisant un peu oublier la guerre . Bravo pour nos artistes .

    Sabbagha Antoine

    14 h 04, le 03 février 2014

  • À QUAND LE GRAND RÉVEIL ???

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 00, le 03 février 2014

  • TANT QUE L'IRAN ET L'ARABIE SAOUDITE DIRIGENT CE PAYS VIA LEURS MERCENAIRES, PUIS TOUS CES AGENTS QUI COLLABORENT AVEC LE MOSSAD ET LA CRIF SIONISTES, IL FAUT PAS RÊVER. LE SEUL ET UNIQUE ESPOIR, UN RÉVEIL DU PEUPLE ET UNE DESCENTE DANS LA RUE POUR CHASSER CES DIRIGEANTS QUI SONT RESPONSABLES DE NOS MALHEUR DEPUIS. ET ENFERMER CES RELIGIEUX, QUI SE MÈLENT DE LA POLITIQUE, DANS LEUR ÉGLISE ET LEUR MOSQUÉE.

    Gebran Eid

    06 h 04, le 03 février 2014

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