Au lendemain des propos de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, faisant état d'une lueur d'espoir au Liban, la pluie d'obus provenant du territoire syrien sur des villages frontaliers libanais dans le Akkar a provoqué à Paris un regain d'inquiétude sur l'avenir immédiat du pays.
Le porte-parole du Quai d'Orsay, M. Romain Nadal, a qualifié hier d'inadmissibles « ces violations de l'intégrité territoriale du Liban », rappelant la position claire de son pays, à savoir un soutien ferme au Liban, une aide accrue à l'armée libanaise ainsi qu'une solidarité avec le pays du Cèdre qui accueille tant de réfugiés syriens sur son territoire.
Il reste que les milieux politiques qui suivent de près les développements de la crise syrienne et ses conséquences sur les pays voisins estiment qu'il y a plus d'une raison de s'inquiéter pour le Liban. D'abord, disent-ils, en raison de la crise interne et du blocage qui empêche la formation d'un gouvernement représentatif de toutes les forces du pays, et ensuite du fait d'un renforcement de la présence de groupes armés appartenant à des factions terroristes opérant en Syrie et qui ne connaissent ni ne reconnaissent la frontière entre les deux pays.
Les obstacles sur la voie d'une entente sur un nouveau gouvernement, l'antagonisme entre sunnites et chiites, aggravé par la radicalisation manifestée dans les rangs des deux parties et l'absence de cohésion dans les rangs de la composante chrétienne du pays, ne présagent rien de bon, commente un politologue franco-libanais qui veut rester dans l'anonymat, ajoutant que le temps manque pour inverser la tendance avant l'élection présidentielle, même si une nouvelle équipe ministérielle se mettait en place demain.
Dans les milieux parlementaires et plus particulièrement dans les groupes d'amitié France-Liban, on constate que le souhait français de voir le Liban rester à l'abri des remous de la crise syrienne n'est plus qu'un vœu pieux malgré l'intensification de l'aide française au triple niveau politique, sécuritaire et humanitaire. Sans compter, ajoute un député, le coup de main diplomatique que représente l'intension de M. Laurent Fabius d'organiser une réunion des pays amis du Liban durant ce premier semestre.
Et le parlementaire d'ajouter : « On ne sait d'ailleurs pas où en sera ce Liban d'ici à quelques mois. Aura-t-il un nouveau président ? Y a-t-il le moindre indice d'une détente entre les parties libanaises antagonistes qui se traduirait par une décrispation sur le terrain, notamment à Tripoli et dans certaines régions frontalières du Nord et de l'Est ? » se demande encore ce député qui répond par la négative.
On peut dire en conséquence que malgré l'influence que la diplomatie française peut avoir sur les pays amis du Liban, Paris aimerait que les acteurs de la politique libanaise lui facilitent la tâche. C'est d'ailleurs le souhait exprimé dans les divers milieux qui suivent de près les développements au Liban.
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09 h 21, le 02 février 2014