Quarante ans après les faits, une Irlandaise, victime de sévices sexuels, a obtenu hier la reconnaissance par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) que son pays aurait dû être plus vigilant face aux abus sexuels commis dans les écoles catholiques financées par l'État.
La Cour a condamné l'Irlande pour n'avoir pas suffisamment protégé Louise O'Keeffe, âgée de 9 ans
seulement au moment des sévices commis par le principal laïc d'une école « nationale », une école primaire sous administration catholique à financement public. Or l'État irlandais ne pouvait ignorer « plusieurs rapports couvrant la période allant des années 1930 aux années 1970 », qui auraient dû alerter les autorités locales sur le risque d'abus sexuels sur mineurs commis par des adultes dans ces écoles, ont noté les juges de Strasbourg. L'État irlandais a néanmoins continué à confier la gestion de l'enseignement primaire dispensé à une vaste majorité de jeunes enfants irlandais à des institutions catholiques, sans mettre en place un dispositif de contrôle public propre à éviter le risque de perpétration de tels abus, ont-ils déploré. « Au contraire, les personnes souhaitant se plaindre d'enseignants étaient dissuadées de s'adresser aux autorités de l'État et orientées vers les directeurs des écoles nationales (généralement des prêtres locaux) », ont-ils relevé.
Louise O'Keeffe, aujourd'hui âgée de 49 ans, s'est vue allouer par la CEDH 30 000 euros pour dommage matériel et moral, et 85 000 euros pour frais de justice. Elle s'est dit « ravie » de cette décision de la justice européenne, « très importante pour les élèves de notre pays. Nous nous sommes battus pour les enfants des écoles, pour la protection des très jeunes garçons et filles », a-t-elle dit à la radio nationale irlandaise RTE. Un de ses avocats, Ernest Cantillon, s'est réjoui pour sa part que la CEDH ait ainsi placé l'État irlandais « clairement devant ses responsabilités ». Cette décision ouvrirait la voie, selon la presse irlandaise, à plus de 200 demandes d'indemnisation en Irlande. Me Cantillon a pour sa part évalué ce chiffre à « environ 135 ».
« Il s'agit d'un pan profondément honteux de notre histoire récente », a reconnu de son côté le ministère irlandais de l'Éducation, tout en soulignant avoir depuis mis en place de « solides mesures de protection de l'enfance ».
La Cour a condamné l'Irlande pour n'avoir pas suffisamment protégé Louise O'Keeffe, âgée de 9 ansseulement au moment des sévices commis par le principal laïc d'une école « nationale », une école primaire sous administration catholique à financement public. Or l'État irlandais ne pouvait ignorer « plusieurs rapports couvrant la période allant des années 1930 aux années 1970 », qui auraient dû alerter les autorités locales sur le risque d'abus sexuels sur mineurs commis par des adultes dans ces écoles, ont noté les juges de...


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