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Liban - Assassinat Hariri

Un pompier témoigne devant le TSL : « En 38 ans de carrière, je n’ai jamais vu pareil spectacle »

Le recueil des témoignages, qui a débuté mercredi dernier, dans l'affaire de l'assassinat de Rafic Hariri s'est poursuivi hier, dix jours après l'ouverture du procès devant le Tribunal spécial pour le Liban.


Appelé à la barre par l'accusation, le lieutenant Khaled Toubayli, un officier des pompiers de Beyrouth qui était en charge sur les lieux du crime en ce jour du 14 février 2005, aujourd'hui à la retraite, est venu livrer ses observations personnelles en tant que responsable d'une équipe de pompiers dépêchée sur place pour éteindre les foyers d'incendie provoqués par l'explosion.


Répondant aux questions du premier substitut du procureur, Alex Milne, l'officier a confié à la Cour ses observations, relatant son arrivée sur les lieux, aidé par la vue des « colonnes de fumée » qui l'ont guidé à l'emplacement de l'attentat et le spectacle apocalyptique qui s'est présenté à ses yeux : « Au cours de mes 38 ans d'expérience, je peux dire que je n'ai jamais rien vu de pareil. Je ne pourrai jamais effacer ce spectacle de ma mémoire, vu l'énormité de l'attentat », a-t-il dit.


M. Toubayli a détaillé le parcours pris ce jour-là, les obstacles rencontrés par l'ampleur des débris, des décombres et des éclats de verre « qui ont atteint la place Riad el-Solh ». Il a expliqué notamment qu'il se trouvait à 15 mètres du fossé, près du bâtiment de la banque Byblos, n'ayant pu aller plus loin à cause des décombres. M. Toubayli a été invité à montrer du doigt le lieu où il se trouvait exactement lors de sa mission, sur la maquette du lieu du crime qui trônait au milieu de la salle.


À la vue des immenses flammes qui couvraient la zone « à la manière d'un volcan », l'officier a alors demandé des renforts et l'envoi de « l'ensemble des unités » ainsi que celles de la Défense civile « après avoir constaté l'ampleur de l'explosion ».
« Nous avons réussi à éteindre rapidement les voitures en feu, mais ce n'était pas le cas des véhicules faisant partie du convoi de Rafic Hariri », a-t-il ajouté, expliquant que vu la taille des réservoirs d'essence dont étaient équipés ces véhicules, le feu se rallumait sans cesse.
« Le ciel était pesant et noirci par la fumée », a poursuivi l'officier, en réponse à une question qui lui avait été posée sur la visibilité sur les lieux. M. Toubayli a en outre précisé qu'il n'a pas immédiatement su que c'était l'ancien Premier ministre qui était visé, mais qu'il en a été informé plus tard. Ce n'est pas son unité non plus qui s'était chargée de transporter le corps de Rafic Hariri à l'hôpital, mais « la Croix-Rouge ou les éléments de la Défense civile ».


Le témoin a ensuite commenté une série de photos qui lui ont été soumises représentant les secouristes et pompiers à l'œuvre, complétant ainsi le paysage de la scène du crime.
La défense, qui s'est abstenue pour sa part de procéder à un contre-interrogatoire du témoin, pourrait le faire aujourd'hui, M. Toubayli devant poursuivre, à 11h30 (12h30 heure locale) son témoignage.

 

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