Une trentaine de personnes ont été blessées hier à Bangkok lors d'une nouvelle attaque contre des manifestants antigouvernementaux, renforçant les craintes d'une escalade de la violence deux jours après qu'un engin explosif a tué une personne lors d'un défilé. Deux explosions et des tirs ont eu lieu hier après-midi au Monument de la Victoire, une des intersections du centre-ville occupées par les manifestants qui réclament depuis plus de deux mois le départ de la Première ministre Yingluck Shinawatra.
L'opposition est accusée par certains de chercher à provoquer des violences pour forcer les militaires à organiser un nouveau coup d'État, alors que le puissant chef de l'armée de terre a récemment refusé d'exclure un putsch. « Le parti au pouvoir Puea Thai est très inquiet, nous condamnons la violence », a déclaré hier Noppadon Pattama, conseiller de Thaksin, évoquant des personnes désireuses de « créer le chaos, comme prétexte à une intervention militaire ».
Les manifestants, alliance hétéroclite des élites de Bangkok, d'ultraroyalistes et d'habitants du Sud, réclament la tête de Yingluck et la fin de ce qu'ils appellent le « système Thaksin », du nom de son frère Thaksin Shinawatra, qu'ils associent à une corruption généralisée et qu'ils accusent de gouverner par son intermédiaire depuis son exil. L'ancien Premier ministre, qui reste le personnage central de la politique du royaume, a été renversé en 2006 par un coup d'État, engluant la Thaïlande dans des crises politiques à répétition mettant en lumière la division du pays entre ceux qui l'adorent et ceux qui le haïssent, et le voient comme une menace pour la monarchie.
(Source : AFP)


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