Falloujah, abandonnée par les policiers, tombe petit à petit aux mains des jihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daech). Reuters / Stringer
Une vague d'attentats, dont des attaques coordonnées à la voiture piégée, ont fait au moins 73 morts hier en Irak, où les violences meurtrières se multiplient à l'approche des élections prévues en avril. Les attentats n'ont pas été revendiqués, mais des insurgés liés à el-Qaëda mènent souvent des attaques coordonnées contre des civils, les forces de l'ordre ou encore les milices sunnites as-Sahwa, recrutées pour lutter contre le réseau extrémiste.
À Bagdad, au moins 37 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées dans l'explosion d'au moins neuf voitures piégées, en particulier dans un marché bondé du quartier ach-Chaab et devant un restaurant très fréquenté rue Sanaa, selon des responsables médicaux et de sécurité. Ce dernier attentat a fait trois morts. Le bilan aurait pu être encore plus lourd, selon la police, qui a annoncé avoir mis en échec quatre tentatives d'attaques kamikazes dans des voitures piégées dans la capitale. À Bohroz, au nord-est de la capitale, au moins 16 personnes ont été tuées et 20 autres blessées quand un kamikaze a fait détoner sa ceinture d'explosifs au milieu des funérailles d'un membre des milices as-Sahwa, selon un officier de police et des sources médicales. Et dans le nord du pays, treize personnes dont neuf soldats ont été tuées dans et autour de Mossoul, et 7 employés d'une fabrique de briques ont été assassinés par des insurgés à Moqdadiyah, également au nord de la capitale.
Les insurgés gagnent du terrain
Parallèlement, les combats se poursuivaient par intermittence à al-Anbar, où des jihadistes de l'État Islamique en Irak et au Levant (EIIL, ou Da'ech) et des combattants tribaux antigouvernementaux contrôlent depuis début janvier la ville de Falloujah, à 60 km à l'ouest de Bagdad, et plusieurs secteurs de Ramadi, 40 km plus à l'ouest. C'est la première fois depuis l'insurrection ayant suivi l'invasion américaine de 2003, dont Ramadi et Falloujah ont été des bastions, que des insurgés d'el-Qaëda prennent aussi ouvertement le contrôle de zones urbaines en Irak. Hier, ils gagnaient du terrain, la police ayant abandonné ses postes dans deux zones-clés, selon des responsables et des témoins. « Nous nous sommes rendus et nous avons abandonné nos armes à l'EIIL », a affirmé un policier de la localité de Saqlawiyah, à la périphérie ouest de Falloujah. « Ils ont un armement très lourd, plus puissant que le nôtre. Notre commissariat n'était pas très bien protégé et ils nous ont encerclés. Même quand nous avons appelé à l'aide, personne n'est venu. Certains d'entre nous sont rentrés chez eux, d'autres ont rejoint d'autres commissariats », a-t-il ajouté. À Ramadi, les insurgés ont également de nouveau repris le quartier de Malaab, après s'être emparés du commissariat.
Face à cette recrudescence des violences, le Premier ministre Nouri al-Maliki a appelé à une action internationale coordonnée contre el-Qaëda et ses filiales. « Cela pourrait prendre du temps, a-t-il prévenu dans son allocution télévisée hebdomadaire, mais (...) rester silencieux conduirait à des sous-États créant des problèmes pour la sécurité de la région et du monde. » Il a également appelé à « une position forte contre les pays qui soutiennent (les insurgés) et à tarir les ressources des terroristes ».
Le conflit à al-Anbar et le niveau élevé des violences dans le pays, alimenté par une profonde crise politique, constituent les menaces les plus importantes pour M. Maliki, un chiite au pouvoir depuis huit ans.
(Source : AFP)


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