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Moyen Orient et Monde - Syrie

Les jihadistes reconquièrent leur fief de Raqa

Londres et Washington arrêteront de soutenir l'opposition si elle ne se rend pas à Genève 2.

Depuis le début des combats entre l’EIIL et les rebelles, les affrontements ont fait près de 700 morts en dix jours, selon l’OSDH. Yaseen Abdelall/Reuters

Les jihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daech, lié à el-Qaëda) ont reconquis Raqa après de féroces combats contre des rebelles rivaux pour le contrôle de ce chef-lieu du nord de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, qui s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales en Syrie.
L'EIIL fait face depuis le début du mois à une offensive de plusieurs coalitions de rebelles islamistes et modérés. Excédés par les exactions attribuées à l'EIIL et sa volonté d'hégémonie, ces derniers ont retourné leurs armes contre leur ancien allié dans la lutte contre le régime, dans les zones contrôlées par la rébellion dans le nord. Raqa, fief de l'EIIL qui détient des centaines de personnes, dont des civils, des rebelles rivaux et des journalistes y compris occidentaux, est le seul chef-lieu de province à échapper totalement au contrôle du régime Assad. La ville était attaquée par les rebelles depuis plus d'une semaine. Depuis le début de ces combats, qui ont fait près de 700 morts en dix jours selon l'OSDH, l'EIIL a répliqué notamment par des attentats contre les rebelles. Un attentat à la voiture piégée mené par des jihadistes a ainsi tué au moins 13 rebelles syriens dans la nuit de lundi à mardi dans la province d'Idleb dans le Nord-Ouest, selon l'OSDH. Par ailleurs, 18 personnes ont été tuées par un bombardement des forces du régime contre le quartier de la Ghouta à Homs, selon l'ONG.
Pendant ce temps, l'armée gouvernementale syrienne dit gagner du terrain dans le secteur d'Alep, dans le nord du pays. Selon un communiqué de l'état-major diffusé hier, les forces loyalistes ont chassé les rebelles de l'aéroport international d'Alep, au sud-est de l'agglomération. Elles progresseraient vers un complexe industriel utilisé comme base et vers la route d'el-Bab, axe de ravitaillement vital pour les insurgés qui contrôlent environ la moitié de la ville. L'armée dit contrôler « totalement » les faubourgs de Nakarine, Zarzour, Taaneh et Soubeihieh, à l'est d'Alep.

Record pour le PAM
Alors que le soulèvement lancé en mars 2011 contre le régime de Bachar el-Assad se transforme en un conflit de plus en plus fragmenté et complexe, les pays donateurs vont tenter aujourd'hui à Koweït de mobiliser 6,5 milliards de dollars en faveur des victimes. Cette levée de fonds est présentée par l'ONU comme la plus importante de son histoire pour une urgence humanitaire. L'Union européenne a annoncé qu'elle allait accroître de 165 millions d'euros son aide humanitaire pour la Syrie, tout en regrettant que l'accès à certaines zones dévastées reste bloqué par Damas et certains groupes jihadistes. Des organisations caritatives ont elles promis une aide de 400 millions de dollars.
Toujours sur le plan humanitaire, le Programme alimentaire mondial (PAM) a distribué en décembre des rations à 3,8 millions de Syriens, un record depuis le début du conflit, mais les populations civiles des provinces orientales tout comme les villes assiégées autour de la capitale sont hors d'atteinte, a déclaré hier une porte-parole de l'organisation à Genève.
Un ministre palestinien a sur ce point accusé les rebelles combattant le régime syrien de bloquer l'accès de l'aide au camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, à Damas, où au moins 47 personnes sont mortes de disette et de manque de soins ces derniers mois, d'après l'OSDH. Des militants du camp accusent au contraire des groupes palestiniens prorégime de bloquer cette aide.

Divisions énormes
Parallèlement aux heurts entre rebelles et jihadistes, l'opposition politique reste profondément divisée notamment sur sa présence à la conférence de paix internationale de Genève 2, prévue le 22 janvier. La Coalition doit décider vendredi de sa participation ou non à Genève 2, censée réunir régime et opposants pour chercher une issue au conflit ayant fait plus de 130 000 morts et 2,4 millions de réfugiés en près de trois ans.
Washington et Londres ont averti la Coalition nationale de l'opposition qu'ils arrêteraient de la soutenir si elle ne participait pas à cette conférence, selon un responsable de la Coalition cité par des médias britanniques – une menace cependant démentie par Washington. Le secrétaire d'État américain John Kerry a salué le soutien du Saint-Siège à Genève 2. Le Vatican, qui a appelé à un cessez-le-feu sans préconditions avant cette conférence, a dit souhaiter que « tous les acteurs régionaux participent », sous-entendant qu'il est favorable à la présence de l'Iran, contrairement aux États-Unis.

Gül entre en scène
Signe que le conflit en Syrie a des résonances dans toute la région, la police turque a perquisitionné des bureaux d'une organisation humanitaire islamique proche du gouvernement turc, IHH, accusée d'avoir convoyé des armes vers la Syrie. Le 1er janvier, les gendarmes turcs avaient intercepté à proximité de la frontière syrienne, dans la région de Kilis, un camion dans lequel ils ont découvert des armes. Le chauffeur du véhicule avait alors affirmé aux policiers qu'il transportait de l'aide humanitaire à destination de la Syrie pour le compte d'IHH, selon la presse turque.
Toujours en Turquie, le président Abdullah Gül s'est prononcé hier pour une modification de la politique syrienne du gouvernement islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. « Je suis favorable à ce que nous procédions à un nouveau calibrage de nos politiques diplomatique et de sécurité fondées sur la réalité de la situation dans le sud de notre pays », a déclaré M. Gül devant les ambassadeurs de Turquie réunis à Ankara. « Nous évaluons ce qu'il y a à faire pour parvenir à une solution gagnant-gagnant dans la région. Le moyen d'y parvenir est de faire preuve de patience, de calme, de persévérance et, lorsque c'est nécessaire, d'avoir recours à une diplomatie discrète. Je pense que les difficultés peuvent être surmontées par la diplomatie », a estimé le chef de l'État.
(Sources : agences)


Les jihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daech, lié à el-Qaëda) ont reconquis Raqa après de féroces combats contre des rebelles rivaux pour le contrôle de ce chef-lieu du nord de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, qui s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales en Syrie.L'EIIL fait face depuis le début du mois à une...

commentaires (2)

Un jour ces bons messieurs seront repoussés jusqu'aux frontières qui les ont laissé passer et ce sera à ceux qui les ont aidé à entrer en Syrie de voir quoi faire avec eux (les Syriens auront certainement des égards seulement pour nous à cause de leurs alliances locales), mais comme dit si justement: chi va piano, va sano.. e va lontano. E chi va forte, va alla morte.

Ali Farhat

01 h 28, le 16 janvier 2014

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Commentaires (2)

  • Un jour ces bons messieurs seront repoussés jusqu'aux frontières qui les ont laissé passer et ce sera à ceux qui les ont aidé à entrer en Syrie de voir quoi faire avec eux (les Syriens auront certainement des égards seulement pour nous à cause de leurs alliances locales), mais comme dit si justement: chi va piano, va sano.. e va lontano. E chi va forte, va alla morte.

    Ali Farhat

    01 h 28, le 16 janvier 2014

  • C'est un apocalypse de sang ! Et tout ce que trouvent les diplomaties bêtes US et britannique c'est de menacer la Coalition "de ne plus l'aider", si elle n'allait pas à Genève (confirmer président à vie Assad le chimique) ! Comme si cette "aide" avait jusqu'ici été de n'importe quelle valeur sur le terrain pour la malheureuse ASL, poignardée dans le dos par la lâcheté d'Obama et, en conséquence, de tout l'Occident. Dans ce chaos, le seul qui profite c'est le régime nazi. Par ses bombardements aériens, il prépare le terrain pour son complice l'EIIL (Daech); celui-ci mène le combat terrestre et s'empare de la localité bombardée. Pour la livrer ensuite aux troupes du régime. Exemple typique de cette complicité de grand succès : la bataille de la ville d'Al-Bab qui vient d'avoir lieu. Depuis bien longtems, la même complicité et le même succès s'exercent à Raqqa. Les avions du régime n'y ont jamais bombardé une position de Daech, notamment son quartier général au palais du gouvernwement ! Par contre leur furie s'abat sur les écoles et massacre les étudiants. L'exemple le plus flagrant et choquant : l'Ecole de commerce où 16 étudiants ont péri, à part les dizaines de blessés. Plus que jamais "notre" Hezbollah, qui prétend combattre les "takfiristes" (pour sauver le dictateur de Damas), doit faire attention : "le complice de mon ami est mon ami". Il ne lui manquait plus que cela : Daech amie du Hezbollah!!??

    Halim Abou Chacra

    05 h 39, le 15 janvier 2014

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