La Libye a été secouée dans la nuit de samedi à dimanche par le premier assassinat d'un membre du gouvernement de transition depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, au moment où le sud du pays est le théâtre d'affrontements tribaux. Le vice-ministre libyen de l'Industrie et bras politique de la rebellion qui a renversé Kadhafi, Hassan al-Droui, a été tué par balles à Syrte, à 500 km à l'est de Tripoli, selon des sources sécuritaires et hospitalières. Dans un communiqué, le gouvernement a dénoncé un « acte criminel lâche » et affirmé qu'il « n'épargnerait aucun effort pour poursuivre et juger les auteurs » de cet assassinat qui illustre à nouveau la faiblesse de l'État et l'incapacité des autorités de transition à rétablir l'ordre et la sécurité dans un pays en proie à l'anarchie et à des violences meurtrières.
L'assassinat est survenu alors que le sud du pays est secoué par des affrontements entre deux tribus rivales, qui ont fait au moins 27 morts et 72 blessés à Sebha et dans les villes
voisines de Murzeq et al-Shati, selon un communiqué du gouvernement. Selon des sources locales, les combats ont éclaté après la mort jeudi du chef d'une milice de la tribu arabe d'Awled Sleiman, qui accuse la tribu des Toubous d'être derrière ce meurtre. De violents affrontements ont de nouveau eu lieu hier matin, selon des témoins. Un calme relatif régnait toutefois en début d'après-midi, selon les mêmes sources qui ont fait état du déploiement de l'armée et de la police dans la ville, après l'arrivée de renforts, envoyés pour sécuriser les quartiers résidentiels et les installations stratégiques. Le gouvernement a ajouté qu'un « comité de sages » était en contact avec toutes les parties pour tenter de mettre fin aux affrontements.
Ces combats sont les plus importants entre les deux tribus depuis un cessez-le-feu conclu en mars 2012 pour mettre fin à des heurts ayant fait près de 150 morts.


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