Les perspectives économiques de la Bulgarie restent moroses, mais rien ne paraît en mesure d'entamer la foi de Dragomir Kouzov, producteur à succès de vélos dans le pays le plus pauvre de l'Union européenne (UE).
« Ma devise est "j'y crois" », déclare cet homme énergique de 52 ans, ancien cycliste professionnel et producteur des vélos « Drag », qui compte parmi ses clients les plus prestigieux l'équipe olympique ukrainienne. « Ici, la main-d'œuvre est bon marché, et il y a de la créativité, de l'innovation et des produits aux design originaux », affirme-t-il à l'AFP.
La Bulgarie traverse une période difficile sur les plans économique et politique. Le gouvernement conservateur de Boïko Borissov a démissionné il y a près d'un an après une vague sans précédent de manifestations contre la pauvreté. La nouvelle équipe au pouvoir, composée de technocrates soutenus par les socialistes, est très impopulaire. Environ un million de personnes ont quitté le pays depuis la fin du communisme il y a 25 ans, privant l'État balkanique de précieuses forces vives. Et depuis le 1er janvier, les Bulgares peuvent aller travailler librement dans l'ensemble des pays de l'UE après la levée des dernières restrictions.
Les investissements n'ont cessé de chuter ces dernières années : de 6,6 milliards d'euros en 2008, ils sont tombés à 1,4 milliard en 2012. L'économie du pays repose en conséquence essentiellement sur les exportations, dont les deux tiers à destination de l'UE.
Au temps du communisme, la Bulgarie fournissait des ordinateurs, des conserves et des armes à l'ensemble du bloc soviétique. Actuellement, elle s'appuie pour ses exportations sur une raffinerie détenue par la Russie, une fonderie de cuivre propriété de l'Allemagne et l'agriculture.
Dans un récent rapport, l'Association des industriels bulgares (BIA) a néanmoins souligné le dynamisme d'entrepreneurs bulgares en voie de transformer le pays en un « leader de l'exportation des produits de niche ».
Le pays est l'un des plus importants fournisseurs mondiaux de céréales et muesli, avec un cinquième des exportations mondiales en 2012. Il pointe en outre au deuxième rang mondial de la production de graines de coriandre, de graines de tournesol, de viande de canard et de cerises en conserve.
Mais la route reste longue, comme le soulignent les entrepreneurs Penchev et Kouzov. Les produits fabriqués en Bulgarie ont une mauvaise image, et la fuite des cerveaux rend très compliqué le recrutement de jeunes qualifiés, disent-ils. « Nous voulons améliorer l'image de la Bulgarie. Dommage que le gouvernement ne fasse pas grand-chose pour nous aider. »
(Source : AFP)


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