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Économie - Social

En proie aux tensions internes, en recul électoral, la CGT doit trouver une boussole

La confédération a besoin de rebondir pour préserver son rang de premier syndicat français.

Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon. Photo AFP/archives

Près d'un an après l'arrivée à sa tête de Thierry Lepaon, la CGT est toujours en proie à des tensions internes, a perdu du terrain aux élections professionnelles et doit trouver une boussole pour fixer un cap et rebondir, relèvent des analystes.
Le refus de voter la réforme de la formation professionnelle, quasiment imposé par la délégation de négociateurs au grand dam de membres de la direction favorable au texte, a révélé des dysfonctionnements internes.
« La CGT flotte, Thierry Lepaon n'a pas encore l'autorité. Ce n'est peut-être pas son tempérament de taper du poing sur la table ou alors il ne veut pas brusquer les choses », a indiqué à l'AFP un bon connaisseur de la centrale.
Selon lui, le bureau confédéral, direction resserrée, « n'a pas trouvé sa méthode de travail ». Par ailleurs, il reste « des traces » de la longue crise de succession qui a abouti en mars 2013 à l'élection de M. Lepaon. « Des conflits de personnes perdurent », regrette un cadre.
Mais « le problème n'est pas tant les tensions au niveau de la confédération que l'absence d'une ligne lisible », estime auprès de l'AFP Dominique Andolfatto, professeur à l'Université de Bourgogne. « Autrefois, il y avait une certaine homogénéité, le communisme tenait en quelque sorte lieu de boussole. Depuis une vingtaine d'années, celui-ci a disparu et chaque équipe de la CGT, locale ou fédérale, a suivi sa propre évolution. Il ne faut pas parler de la CGT, mais des CGT », résume ce chercheur.

« Deux cultures à la CGT »
Pour Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail, « il y a deux cultures à la CGT : celle qui reste adepte de la logique du rapport de force et celle partisane d'un comportement syndical réaliste », favorable aux négociations et aux accords.
Il relève ainsi le retard mis par la confédération à réagir à la séquestration de dirigeants de l'usine Goodyear par des cégétistes emmenés par Mickaël Wamen, proche du député Maxime Gremetz, tendance faucille et marteau du PCF.
Thierry Lepaon a fini mercredi par apporter « un message de solidarité » à ces militants tout en précisant que ces méthodes n'étaient « pas dans les habitudes » de la CGT.
« Il y a des camarades dans des fédérations qui ont du mal à couper le lien ombilical avec le PCF », regrette un cadre qui voit la marque de cette tendance dans l'appel solitaire de la CGT à une manifestation le 6 février, sans essayer de rallier d'autres centrales – ni ses proches (Solidaires, FSU), ni la CFDT dont elle s'est rapprochée.
La direction ne se fait d'ailleurs pas d'illusion sur l'ampleur de cette journée d'action. Ses appels à la mobilisation contre la réforme des retraites à l'automne ont été des échecs.
Mais la CGT a besoin de rebondir pour préserver son rang de premier syndicat français.
Elle a perdu récemment du terrain aux élections professionnelles dans ses bastions comme l'énergie (-4 points à EDF, même si elle reste majoritaire) et au conseil d'administration d'Orange (où elle passe à la deuxième place derrière la CFDT).
« Ces résultats montrent qu'il y a une perte nette de la CGT chez les cadres. On a un vrai effort à faire pour prendre en compte l'évolution des populations salariées dans les entreprises », souligne un dirigeant.
« La situation électorale de la CGT n'est pas très bonne », relève un analyste, qui rappelle que dans nombre d'entreprises, les collègues ouvriers et employés, bastions historiques de la centrale, sont en baisse et on assiste à une montée des cadres en direction desquels la centrale « a un problème de message et d'orientation ».
Le syndicat reste toutefois uni sur un point : le refus de la politique du président François Hollande. « Il n'y a pas beaucoup de gens à la CGT pour plaider pour un adoucissement des positions vis-à-vis du gouvernement », souligne cet analyste.
(Source : AFP)

Près d'un an après l'arrivée à sa tête de Thierry Lepaon, la CGT est toujours en proie à des tensions internes, a perdu du terrain aux élections professionnelles et doit trouver une boussole pour fixer un cap et rebondir, relèvent des analystes.Le refus de voter la réforme de la formation professionnelle, quasiment imposé par la délégation de négociateurs au grand dam de membres de la direction favorable au texte, a révélé des dysfonctionnements internes.« La CGT flotte, Thierry Lepaon n'a pas encore l'autorité. Ce n'est peut-être pas son tempérament de taper du poing sur la table ou alors il ne veut pas brusquer les choses », a indiqué à l'AFP un bon connaisseur de la centrale.Selon lui, le bureau confédéral, direction resserrée, « n'a pas trouvé sa méthode de travail ». Par ailleurs, il reste « des...
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