Le Premier ministre tunisien Ali Larayedh (à gauche) a remis hier sa démission au président Moncef Marzouki. Fethi Belaid/AFP
Le Premier ministre tunisien Ali Larayedh a annoncé avoir remis hier sa démission, conformément à un accord pour sortir d'une longue crise politique, alors que le pays est une nouvelle fois déstabilisé par des conflits sociaux émaillés de heurts. Dans son discours de démission, M. Larayedh a souligné, après avoir essuyé des mois durant les critiques de l'opposition, avoir voulu faire de la Tunisie un exemple. « J'espère que la Tunisie sera pour le monde un exemple de transition (démocratique) "Made In Tunisia" », a-t-il dit.
La Constituante ayant formé la veille une instance électorale et la Constitution étant en cours d'adoption, les conditions fixées dans un accord cosigné par l'essentiel de la classe politique étaient réunies pour sa démission, avait relevé un peu plus tôt M. Larayedh. Selon ce compromis, le ministre sortant de l'Industrie, Mehdi Jomaâ, sera appelé à former un cabinet d'indépendants devant conduire la Tunisie jusqu'à des législatives et une présidentielle en 2014. Une fois officiellement désigné, M. Jomaâ aura quinze jours pour constituer son équipe, puis devra obtenir la confiance de l'Assemblée pour devenir le cinquième chef de gouvernement depuis la révolution de janvier 2011. Cela entérinera aussi le départ volontaire du pouvoir du parti islamiste Ennahda qui avait remporté l'élection de l'Assemblée nationale constituante en octobre 2011, premier scrutin libre de l'histoire de la Tunisie.
(Lire aussi : L'égalité entre Tunisiens et Tunisiennes dans la Constitution, une exception dans le monde arabe)
Le contexte social
Cette journée mouvementée sur le plan politique intervient aussi dans un contexte social tendu, des violences ayant éclaté après l'annonce de nouveaux impôts. Dans son dernier discours avant sa démission, M. Larayedh a réagi en annonçant la suspension d'une série de nouvelles taxes sur les transports qui ont provoqué les heurts entre manifestants et policiers, essentiellement dans l'intérieur déshérité du pays, berceau de la révolution de 2011 qui avait été nourrie par la pauvreté et les disparités de développement.
Plusieurs bâtiments publics, notamment des commissariats, ont été incendiés ces derniers jours. De nombreuses routes ont aussi été coupées à travers le pays. Les heurts ont été particulièrement graves dans la région de Kasserine. Hier encore, des affrontements violents opposaient des centaines de manifestants aux forces de l'ordre tunisiennes, certains à bord de blindés, dans la cité Ennour, un quartier populaire. En début de soirée, des heurts sporadiques avaient encore lieu.
La Constituante ayant formé la veille une instance électorale et la Constitution étant en cours d'adoption, les conditions fixées dans un accord cosigné par l'essentiel de la classe politique étaient réunies pour sa démission, avait relevé un peu plus tôt M. Larayedh. Selon ce compromis,...


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