Un oiseau de mauvais augure, c'est déjà assez pour vous donner le frisson. Qu'ils s'y mettent à deux toutefois, et la panique n'est pas loin.
Lundi, les États-Unis causaient un vif émoi en conseillant à leurs ressortissants se trouvant au Liban d'éviter tout lieu de rassemblement public, par peur d'attentats à la bombe risquant fort de se produire durant les prochains jours. Si le grand public n'a pas déserté, du coup, les centres commerciaux, c'est seulement parce que les dispositifs de sécurité y avaient été considérablement étoffés. Hier, l'Iran se mettait de la partie en mettant en garde, par le canal de son agence de presse officielle, contre de graves secousses sécuritaires susceptibles de se produire au Liban, à l'approche de la réunion, le 22 courant, de la conférence Genève 2 sur la Syrie.
Après leur spectaculaire rapprochement des derniers mois, Américains et Iraniens en seraient-ils donc à partager la même boule de cristal ? Auraient-ils plutôt eu accès aux mêmes sources d'informations ? On pense bien sûr à l'incroyable affaire Maged al-Maged, ce maître terroriste recherché par toutes les polices de la région, miraculeusement pris dans la nasse libanaise pour succomber à une banale infection rénale, emportant ainsi ses secrets dans la tombe, comme dans quelque roman de Gérard de Villiers.
Trêve d'imagination, cependant. C'est une menace terroriste des plus réelles qui pèse effectivement sur notre pays et faute de moyens plus concrets, les Libanais n'ont que leur lucidité à opposer aux sombres prévisions de nos deux et singuliers extralucides. La terreur a pour objet de pousser à la peur, l'abattement, la résignation, l'asphyxie. Et c'est par leur résistance morale et civile que les peuples peuvent conjurer toutes ces calamités et faire de sorte que contre vents et marées, la vie continue. À ces deux formes de résistance, le président de la République, dans son allocution devant la Chambre de commerce et d'industrie, vient d'ajouter une troisième : la constitutionnelle. Celle-ci n'est certes pas la moindre.
Car c'est aussi sur l'État, dans ses divers rouages, qu'est exercé, depuis bien longtemps, un vil chantage au chaos : lequel n'est, somme toute, qu'un autre genre de terrorisme, pratiqué non plus cette fois par les Maged al-Maged mais par un parti tout aussi théocratique, le Hezbollah. On promet ainsi les pires calamités si seulement le président et le Premier ministre désigné usent de leurs prérogatives les plus élémentaires pour former un gouvernement apolitique et mettre fin ainsi à neuf mois de crise ministérielle. On se récrie contre un éventuel fait accompli, dans le même temps qu'on laisse perdurer le plus accompli des faits accomplis, celui d'un gouvernement démissionnaire, inactif, politiquement irresponsable.
C'est ce défi que s'est résolu à relever le chef de l'État en remettant spectaculairement sur le tapis l'idée d'un gouvernement neutre, au cas où persisterait l'impasse. Ce n'était guère là un bluff car les échéances de 2014 sont en vue et les poseurs d'obstacles semblent l'avoir compris en dépêchant, dès hier, des négociateurs au palais de Baabda.
Lucidité, enfin ?
Issa GORAIEB
Lundi, les États-Unis causaient un vif émoi en conseillant à leurs ressortissants se trouvant au Liban d'éviter tout lieu de rassemblement public, par peur d'attentats à la bombe risquant fort de se produire durant les prochains jours. Si le grand public n'a pas déserté, du coup, les centres commerciaux, c'est seulement parce que les dispositifs de sécurité y avaient été considérablement étoffés. Hier, l'Iran se mettait de la partie en mettant en garde, par le canal de son agence de presse officielle, contre de graves secousses sécuritaires susceptibles de se produire au Liban, à l'approche de la réunion, le 22 courant, de la conférence Genève 2 sur la Syrie.
Après leur...


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