Liberty Media, une des holdings du milliardaire américain John Malone, a annoncé vouloir prendre le contrôle complet de la radio par satellite américaine Sirius XM, une opération qui se chiffrerait à quelque 10 milliards de dollars. Liberty était entrée au capital de Sirius XM en 2009, à l'époque au bord de la faillite, lui octroyant un prêt de quelque 530 millions de dollars en échange d'une participation de 40 %. La radio a depuis bien redressé la barre, dégageant un bénéfice net de 312 millions de dollars sur les neuf premiers mois de 2013, pour un chiffre d'affaires de 2,8 milliards, et Liberty a renforcé sa position au capital pour atteindre
environ 53 %.
Racheter le reste permettrait notamment « d'éliminer toute ambiguïté sur la nature de la relation à long terme entre Liberty et Sirius », mais aussi d'avoir une plus grande assiette en vue de « déployer du capital pour des opportunités d'investissement à la fois organique et stratégique », souligne Gregory Maffei, le directeur général de Liberty, dans une lettre rendue publique vendredi et où il annonce ses intentions au conseil d'administration de Sirius.
La direction de la holding a expliqué à des analystes lors d'une téléconférence que Sirius, qui est préinstallée sur la plupart des automobiles vendues aux États-Unis, avait « d'importantes capacités d'emprunt et de génération de liquidités », et que Liberty avait aussi des possibilités d'emprunter ou de vendre des actifs pour libérer de l'argent. Liberty n'a pas évoqué d'investissement précis, mais la société a notamment pris plus tôt cette année une participation dans le câblo-opérateur Charter Communications, cité récemment dans les médias comme un prétendant potentiel au rachat d'un autre câblo-opérateur, Time Warner Cable.
Prix négociable
Dans un communiqué séparé, Sirius a annoncé la formation d'un comité spécial réunissant les membres indépendants de son conseil d'administration « pour examiner la proposition de Liberty ». La radio souligne que l'offre n'a pour l'instant aucun caractère contraignant, et qu'il n'y a donc « aucune garantie » sur la réalisation de la transaction ainsi que sur ses modalités, qu'il s'agisse du prix ou du calendrier. Liberty n'a d'ailleurs pas évoqué de calendrier détaillé ni chiffré précisément vendredi le montant total de l'opération. Le groupe estime toutefois qu'elle permettrait aux actionnaires publics actuels de Sirius de détenir environ 39 % des actions ordinaires d'un nouvel ensemble réunissant Liberty et Sirius, et qui afficherait une capitalisation boursière de 27 milliards de dollars. Concrètement, Liberty compte payer l'opération en actions et propose un ratio d'échange valorisant au cours actuel chaque titre de Sirius à environ 3,68 dollars, selon son communiqué. Ce montant valoriserait les 47 % de Sirius que Liberty ne détient pas encore à 10,6 milliards de dollars. Les titres échangés seraient des actions sans droits de vote spécialement émises pour l'occasion par Liberty. La direction du groupe de médias a laissé entendre aux analystes que cela ne devrait pas faire peser de risque sur la réalisation de l'opération, faisant valoir que « les droits de vote (des actionnaires de Sirius) avaient déjà été supprimés par le fait que nous détenons la majorité ».
M. Maffei insiste dans sa lettre sur le fait qu'il s'agit à ce stade « seulement d'une déclaration d'intérêt » pouvant être modifiée ou retirée « à tout moment ». La transaction est notamment conditionnée à son acceptation par le comité spécial indépendant mis en place par Sirius ainsi qu'à un vote positif d'une majorité des actionnaires minoritaires de la radio. Liberty assure aussi qu'un rejet de son offre n'aurait pas de conséquences négatives sur son partenariat actuel avec la radio. « Nous avons l'intention de rester un actionnaire de long terme », écrit M. Maffei.
(Source : AFP)


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