Des Kényans fuyant les combats au Soudan du Sud ont atterri sains et saufs à l’aéroport de Nairobi. Simon Maina/AFP
Des négociations sur un cessez-le-feu au Soudan du Sud se sont ouvertes hier à Addis-Abeba pour mettre fin à près de trois semaines de combats meurtriers. « Les négociations ont commencé » avec les émissaires du président Salva Kiir et de son rival et chef de la rébellion, l'ex-vice président Riek Machar, qui séjournent dans un même hôtel, a déclaré le ministère éthiopien des Affaires étrangères dans un communiqué. Les deux parties rencontreront dans un premier temps des représentants des pays de la région. Des pourparlers directs entre les deux camps, dont l'affrontement depuis le 15 décembre a fait des milliers de morts, ne devraient pas débuter avant aujourd'hui. L'IGAD, l'Autorité intergouvernementale pour le développement en Afrique de l'Est qui chapeaute les discussions, « s'est engagée à soutenir (les négociations) par tous les moyens possibles », ajoute le texte. Les pourparlers doivent d'abord porter sur la mise en œuvre d'un cessez-le-feu puis sur une solution aux différends politiques à l'origine de la confrontation. « Nous participons aux discussions parce que nous voulons la paix pour notre peuple, même si les groupes rebelles n'ont pas accepté une cessation des hostilités », a dit le gouvernement dans un communiqué publié jeudi soir. Mardi, M. Machar avait exclu un cessez-le-feu dans l'immédiat et un tête-à-tête avec le président Kiir.
200 000 déplacés
Pendant ce temps, l'armée gouvernementale disait progresser vers la ville stratégique de Bor. « Nos forces sont suffisantes pour vaincre les rebelles dans les 24 heures », a dit à la presse le porte-parole de l'armée, Philip Aguer, ajoutant que « les rebelles étaient en train de se replier » de la ville qu'ils avaient reconquise mardi. Des combats intenses, impliquant des chars et de l'artillerie, se déroulent dans les environs de Bor, selon certaines informations, une ville située à 200 km de Juba, la capitale, et qui a changé trois fois de mains depuis le début du conflit à la mi-décembre. Capitale de l'État du Jonglei, Bor est une des zones les plus touchées par les combats qui auraient déjà fait des milliers de morts et déplacé quelque 200 000 personnes. Plusieurs milliers de personnes y ont trouvé refuge sur les bases de l'ONU, et des dizaines de milliers d'autres ont fui la ville en traversant le Nil blanc infesté de crocodiles.
Face à la détérioration de la situation sur le terrain, l'ambassade des États-Unis à Juba a appelé hier les ressortissants américains à quitter le pays et décidé de réduire davantage son personnel en raison de la dégradation de la sécurité. Un nouveau vol d'évacuation « vers le pays voisin sûr le plus proche » devait être organisé hier et les services consulaires seront fermés aujourd'hui, précise un communiqué. La situation a également amené le responsable humanitaire de l'ONU au Soudan du Sud à demander aux soldats gouvernementaux comme aux rebelles d'épargner les civils et de permettre de leur apporter une aide dans un contexte qu'il a décrit comme « critique ».
(Source : AFP)


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