Une image d’archives d’Ariel Sharon, datant du 1er janvier 2006. Uriel Sinai/AFP
Né le 27 février 1928 en Palestine mandataire de parents originaires de Biélorussie, Ariel Sharon a été le bras droit du fondateur historique de la droite nationaliste, Menahem Begin, qui accède au pouvoir en 1977, avant de révolutionner le paysage politique israélien. Car plus que tout autre dirigeant, cet homme à la réputation de faucon aura remis en cause son rêve du « Grand Israël » en ordonnant l'évacuation de la bande de Gaza en 2005 après 38 ans d'occupation. Personne avant lui n'avait osé démanteler des colonies. Auparavant, il avait été le champion de la colonisation. Mais il est parvenu sur le tard à la conclusion qu'Israël devait renoncer à garder tous les territoires conquis durant la guerre de juin 1967 s'il voulait rester un État « juif et démocratique ».
Il a été terrassé par une attaque cérébrale le 4 janvier 2006.
Ariel Sharon était l'homme d'un grand dessein, fixer les frontières d'Israël, susceptible de bouleverser la donne du conflit israélo-palestinien s'il avait pu le mener à terme. C'était aussi le boucher de Sabra et Chatila. Il a été aussi un chef de guerre implacable. Et ce n'est pas seulement son physique imposant qui lui a valu le surnom de « bulldozer » : ses prouesses militaires ont fait date. M. Sharon a montré lors de sa carrière dans l'armée, où il s'est engagé à 17 ans et a été deux fois blessé, un goût prononcé pour les méthodes expéditives. Sous son impulsion, alors qu'il est ministre de la Défense, Israël s'embourbe en 1982 dans une interminable et désastreuse invasion du Liban visant à chasser Yasser Arafat du pays.
En septembre 2000, sa visite sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est met le feu aux poudres. C'est la deuxième intifada. Promettant d'écraser la révolte palestinienne, il est élu triomphalement au poste de Premier ministre le 6 février 2001, puis réélu sans appel le 28 janvier 2003. Impétueux, pugnace, à l'humour mordant, pas très regardant sur le financement de ses campagnes électorales, il a claqué la porte en novembre 2005 du Likoud, où il était contesté, pour créer le parti centriste Kadima, et projetait d'autres retraits en Cisjordanie.
Plongé dans le coma depuis huit ans, les Israéliens s'apprêtent à lui organiser des funérailles nationales, ses organes vitaux, « essentiels à sa survie », cessant progressivement de fonctionner. Il était hier dans un état critique, selon le directeur de l'hôpital de Tel-Aviv où l'ex-homme fort de la droite est soigné. « Nos pensées, mes pensées sont avec la famille Sharon. Tous les Américains pensent à Israël et à Ariel Sharon. Nous nous rappelons ses contributions, les sacrifices qu'il a faits pour assurer la survie et le bien-être d'Israël », a déclaré le secrétaire d'État US John Kerry lors d'un point-presse conjoint avec le PM israélien Benjamin Netanyahu.
(Source : AFP)


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