Malgré un sursaut cette semaine, les prix des métaux de base échangés sur le London Metal Exchange (LME) terminent l'année en baisse, pénalisés par l'abondance d'offre et des facteurs macroéconomiques, mais pourraient se redresser en 2014 grâce à une demande plus vigoureuse.
Cette semaine, les métaux de base ont fortement rebondi, aidés par de meilleures données économiques aux États-Unis (où les inscriptions hebdomadaires au chômage ont reculé plus que prévu lors de la semaine close le 21 décembre) et la faiblesse du dollar. Le cuivre a ainsi atteint hier un plus haut depuis mi-août, à 7 410 dollars la tonne, tandis que le plomb et le zinc ont touché des sommets depuis 10 mois, à respectivement 2 280 dollars et 2 103 dollars. Lundi dernier, le nickel avait atteint son niveau le plus élevé depuis deux mois, à 14 479 dollars la tonne.
Ce sursaut tardif de fin d'année n'empêche pas les métaux industriels de terminer l'année en baisse.
En effet, après un tout début d'année prometteur, les métaux industriels ont dégringolé au cours du premier semestre, le cuivre, l'aluminium et le nickel tombant même fin juin à des plus bas depuis trois ou quatre ans.
Pour les analystes de Commerzbank, cette chute a été provoquée par les craintes d'un ralentissement de l'économie chinoise, de loin principale consommatrice de métaux de base, et par la perspective d'une réduction des mesures d'aide de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Pour ce qui est des fondamentaux, les métaux de base ont été en outre plombés par « de nouvelles capacités de production à bas coûts (aluminium, nickel) et une augmentation substantielle de la production minière (cuivre) », explique-t-on chez JPMorgan.
Le groupe a ensuite passé le reste de l'année en oscillant dans une fourchette de prix étroite, seul l'étain parvenant temporairement à se redresser après une chute de l'offre en provenance d'Indonésie, le premier exportateur mondial de ce métal.
« Après 2013, qui s'est révélée être une année de pertes considérables, les métaux devraient remonter modérément l'année prochaine (...), la reprise économique mondiale devant ranimer la demande », pronostiquent les économistes de Commerzbank, qui voient le cuivre s'établir en moyenne à 7 600 dollars la tonne en 2014.
« La plupart des métaux de base ont été bloqués par un excédent d'offre structurel à plus ou moins grande échelle depuis 2007/2008 après ce qui fut l'une des plus grandes périodes de croissance de l'offre. Cependant, 2014 devrait marquer la fin de cette phase », espèrent de leur côté les analystes de Barclays.
« Le facteur-clé de cette tendance est une accélération de la croissance de la demande, qui est déjà en marche », estiment-ils.
D'autres experts sont cependant moins optimistes : « Nos prévisions d'une offre abondante sur les marchés des métaux de base suggèrent que la hausse des prix sera plus une histoire pour 2015 ou 2016, notamment pour des métaux tels que le zinc et le nickel », jugent ainsi les économistes de JPMorgan, qui tablent sur un prix moyen du cuivre de 7 003 dollars la tonne en 2014.
De même, les analystes de RFC Ambrian préviennent que « tous les marchés des métaux de base devraient être en surplus au cours des deux prochaines années », ce qui devrait peser sur les cours.
Par ailleurs, « l'interdiction d'exporter des minerais d'Indonésie accroît l'incertitude sur les perspectives des métaux de base, surtout pour l'étain et le nickel », souligne Andrey Kryuchenkov, analyste de VTB Capital.
À partir du 12 janvier 2014, l'Indonésie, premier exportateur mondial de nickel et d'étain, compte interdire l'exportation de minerais bruts afin de développer leur raffinage et leur transformation sur son territoire.
(Source : AFP)
Économie - Marchés
Après une mauvaise année 2013, les métaux de base vont entamer 2014 avec prudence
La chute des prix a été provoquée par les craintes d'un ralentissement de l'économie chinoise.
OLJ / le 28 décembre 2013 à 00h00


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