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Moyen Orient et Monde - Russie

Khodorkovski aux Pussy Riot : La libération des détenus rend le pouvoir un peu plus humain

L'ex-détenu passe les fêtes en famille à Berlin avant son départ prévu pour la Suisse.

Les deux membres du groupe contestataire russe Pussy Riot, Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova, se sont retrouvées hier en Sibérie orientale, enfin libres Vasily Maximov/AFP

L'ex-oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski devait retrouver son épouse et leurs trois enfants hier à Berlin où il devait terminer l'année, souhaitant ensuite se rendre en Suisse où vit sa famille et où il a demandé un visa. « Ils n'ont pas été réunis depuis dix ans », a déclaré sa porte-parole Olga Pispanen.
La femme de M. Khodorkovski, Inna, ses jumeaux Ilia et Gleb, qui se trouveraient en Russie, et sa fille Anastasia, qui réside à Moscou, devaient régler des problèmes administratifs concernant leurs documents de voyage avant de pouvoir rejoindre l'Allemagne. M. Khodorkovski, à qui l'Allemagne a délivré un visa d'un an, a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de rentrer en Russie, en raison d'une condamnation au civil toujours valide d'un montant de 550 millions de dollars. Il envisage de s'installer en Suisse où ses fils jumeaux vont à l'école.
Hier, il a déposé une demande de visa Schengen pour la Suisse d'une validité de trois mois, a annoncé le ministère suisse des Affaires étrangères. L'ambassade de Suisse est en train d'examiner cette demande de visa et est en contact à ce sujet avec l'Office fédéral des migrations à Berne, a-t-on ajouté de même source. Cette procédure « est confidentielle », ajoute Berne, qui précise qu'il n'y aura aucune information sur ce dossier avant la décision des autorités. Avant son arrestation en 2003, l'ex-oligarque possédait avec ses associés au moins 4 sociétés à Genève. Selon le journal suisse SonntagsZeitung, M. Khodorkovski possèderait au moins 166 M d'euros en Suisse.

Ensemble en Sibérie orientale
Après s'être exprimé au cours d'une conférence de presse dimanche à Berlin durant laquelle il a annoncé souhaiter s'engager en faveur des prisonniers politiques en Russie, M. Khodorkovski a mis en garde hier sur son site Internet les deux jeunes femmes du groupe contestataire Pussy Riot libérées la veille. « L'essentiel maintenant est sans doute de trouver des forces pour ne pas laisser la place dans le cœur à la haine et la rancœur après cette lourde épreuve de prison », a écrit l'ex-prisonnier le plus célèbre de Russie dans un message publié sur son site Khodorkovski.ru. « La libération des détenus rend le pouvoir un peu plus humain », a estimé M. Khodorkovski dans ce message adressé à Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova. « Je suis heureux d'apprendre que cette épreuve, qui n'est pas digne d'un pays européen au XXI siècle, a pris fin », a-t-il ajouté.
De leur côté, les deux jeunes femmes du groupe contestataire russe Pussy Riot se sont retrouvées hier à Krasnoïarsk, en Sibérie orientale, au lendemain de leur libération. Après avoir quitté lundi matin son camp à Nijni-Novgorod, Maria Alekhina, 25 ans, s'est d'abord rendue en train à Moscou puis a aussitôt repris l'avion pour Krasnoïarsk, où l'attendait Nadejda Tolokonnikova, 24 ans, sortie lundi soir de l'hôpital pénitentiaire où elle purgeait sa peine. À l'aéroport, les deux jeunes femmes se sont jetées dans les bras l'une de l'autre, puis elles ont commencé à marcher main dans la main, a constaté un journaliste de l'AFP. « Nous irons à Moscou jeudi », a déclaré le mari de Nadejda Tolokonnikova, Piotr Verzilov. Le lendemain, les deux jeunes femmes donneront une conférence de presse dans la capitale russe. « Elles appelleront au boycott des Jeux olympiques » de Sotchi en février, a-t-il indiqué.
La veille, Mme Tolokonnikova avait déjà appelé à un tel boycott. M. Verzilov a indiqué que les jeunes femmes étaient en train de réfléchir à un « projet de création d'une organisation d'aide aux prisonniers ».

La « petite machine totalitaire »
Les deux jeunes femmes, condamnées en août 2012 pour avoir chanté une prière « anti-Poutine » dans la cathédrale Saint-Sauveur de Moscou, ont été remises en liberté lundi après avoir été amnistiées en vertu d'une loi approuvée par le Parlement russe la semaine dernière. Elles devaient initialement sortir de détention en mars 2014. Dès leur sortie, elles ont eu des mots très durs contre le pouvoir russe et annoncé leur intention d'œuvrer pour la défense des détenus et en faveur de l'amélioration du système pénitentiaire russe, « une petite machine totalitaire », selon Mme Tolokonnikova.
A l'aéroport de Krasnoïarsk, Maria Alekhina a dit qu'elle allait tout faire pour aider ses codétenues. « Dans la dernière colonie où j'étais incarcérée, j'ai eu des camarades qui ont raconté leurs conditions de détention aux défenseurs des droits de l'homme et je ferai tout mon possible pour qu'elles ne subissent pas de représailles », a-t-elle dit.
Mme Tolokonnikova a pour sa part promis de lutter pour changer la situation en Mordovie, une région à 600 km à l'est de Moscou où elle a purgé une partie de sa peine. Dans le camp où elle était détenue, elle avait observé une grève de la faim, se disant menacée de mort après avoir écrit une lettre dénonçant des conditions de détention proches de l'esclavage. Elle avait ensuite été transférée à Krasnoïarsk.

(Source : AFP)

L'ex-oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski devait retrouver son épouse et leurs trois enfants hier à Berlin où il devait terminer l'année, souhaitant ensuite se rendre en Suisse où vit sa famille et où il a demandé un visa. « Ils n'ont pas été réunis depuis dix ans », a déclaré sa porte-parole Olga Pispanen.La femme de M. Khodorkovski, Inna, ses jumeaux Ilia et Gleb, qui se trouveraient en Russie, et sa fille Anastasia, qui réside à Moscou, devaient régler des problèmes administratifs concernant leurs documents de voyage avant de pouvoir rejoindre l'Allemagne. M. Khodorkovski, à qui l'Allemagne a délivré un visa d'un an, a indiqué qu'il n'avait pas l'intention de rentrer en Russie, en raison d'une condamnation au civil toujours valide d'un montant de 550 millions de dollars. Il envisage de s'installer en Suisse...
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