Démonstration de force des blindés de l’armée, dans les grandes artères de Saïda, hier. Photo Ahmad Mantach
À la suite des deux attaques perpétrées dimanche contre des barrages de l'armée à Majdelyoun et à au fleuve Awwali, dans la région de Saïda, les commandos de l'armée libanaise ont continué à ratisser hier matin les vallons et collines situés au nord et à l'est de Saïda à la recherche de combattants islamistes qui pourraient s'y terrer.
Les commandos ont opéré à Wadi Charhabil, Bekesta et Abra, dans la région de Saïda, riche en vergers et en grottes, ainsi que dans les contreforts du caza de Jezzine, à Kfarfalous et Bisri. Cinq personnes ont été appréhendées dans le cadre de ces recherches.
Selon l'agence al-Markaziya, trois des personnes arrêtées seraient des partisans de cheikh Ahmad el-Assir déjà appréhendées une première fois après les combats autour de la mosquée d'Abra, puis relâchées.
Parmi les individus arrêtés figure Mohammad el-Orr, repéré dans un vallon de Majdelyoun. Ce dernier aurait fourni à l'armée des renseignements utiles sur les deux attentats de dimanche dernier et la manière dont ils ont été exécutés.
Le ratissage s'est accompagné de survols d'hélicoptères et de Cessnas, utilisés pour la première fois dans cette capacité.
(Lire aussi : L’histoire complète de l’attaque contre les barrages de l’armée à Saïda, l'éclairage de Scarlett Haddad)
À Saïda même, les blindés de l'armée ont patrouillé bruyamment dans les grandes artères de la ville, pour imposer leur présence. Une voiture suspecte de type Renault Rapide a été retrouvée près du cimetière byzantin de la ville, ont affirmé des correspondants locaux. Un expert militaire a été dépêché sur les lieux pour examiner le véhicule.
On rappelle que les attentats de dimanche ont fait cinq morts, dont quatre des agresseurs et un soldat, le sergent Samer Rizk.
L'huile sur le feu
Réagissant à cette actualité, le bloc parlementaire du Hezbollah, enfermé dans son déni et oublieux des combats de Abra, a accusé le courant du Futur d'agir sur l'opinion de manière à fournir aux groupes fondamentalistes « un environnement favorable » à leur action.
Pour le parti chiite, impliqué jusqu'au cou dans la guerre en Syrie, le 14 Mars n'est rien moins qu'un « partenaire » de ce terrorisme.
Dans un communiqué publié à l'issue de sa réunion hebdomadaire à Haret Hreik, sous la présidence du député Mohammad Raad, le Hezbollah dénonce la campagne du 14 Mars présentant les attentats commis contre le Hezbollah ou l'armée comme étant une forme de représailles au précieux appoint militaire que ce parti apporte aux troupes régulières syriennes.
Les personnes réunies ont, ensuite, réitéré leur appel au président de la République et au Premier ministre désigné à former un gouvernement selon la formule 9-9-6.
Le député Hussein Moussaoui, membre du bloc parlementaire du Hezbollah, a pour sa part affirmé que l'attentat de dimanche confirme le fait que c'est « le triptyque armée-peuple-résistance qui est ciblé par les sionistes takfiristes ».
Les Palestiniens chez Bahia Hariri
De son côté, Bahia Hariri, qui a souligné la gravité des attentats qui ont visé l'armée, dimanche, a reçu à son domicile des représentants des groupes palestiniens présents à Aïn el-Héloué, le plus grand camp palestinien au Liban, soupçonné de servir de repaire aux fondamentalistes de toutes les obédiences.
Le secrétaire général du Fateh au Liban, qui cumule cette fonction avec celle de secrétaire général de l'OLP, Fathi Abou Ardate, s'est publiquement engagé, devant Mme Hariri et les délégations qui lui ont rendu visite hier matin, à « livrer aux autorités libanaises tous les Palestiniens qui pourraient être impliqués » dans les attentats. « La sécurité du camp de Aïn el-Héloué et celle de Saïda sont inséparables », a-t-il affirmé.
Majdalani : Contrôler les frontières
Pour sa part, le député Atef Majdalani (Futur) a appelé l'État à « prendre le contrôle des frontières et à empêcher l'infiltration des hommes armés des deux côtés de la frontière syro-libanaise ».
« Les forces du 14 Mars avaient suggéré que l'État demande l'appui de la Finul », a-t-il rappelé dans une interview radiodiffusée.
Selon M. Majdalani, « la déstabilisation sécuritaire au Liban est due à la participation du Hezbollah aux combats en Syrie ».
Signalons que l'armée a procédé à l'arrestation, hier, de sept Syriens qui tentaient de pénétrer clandestinement au Liban, aux abords du village frontalier de Ersal, et leur a confisqué des armes individuelles et des grenades à main.
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12 h 19, le 20 décembre 2013