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Divins sapins

C'est une des fiertés des Libanais, quand ils ne se font pas la guerre, de partager leurs fêtes. Durant le ramadan, les chrétiens sont de tous les iftars. À Noël, les musulmans vivent à fond l'esprit de la saison. Par bonheur, ce qu'il nous reste de convivialité est joyeux, généreux et bon enfant, et pour rien au monde nous convaincrait-on de céder à la schizophrénie du politiquement correct qui atteint des sommets ridicules quand il s'agit de servir la laïcité. En France, par exemple, où l'on demande d'interdire les sapins dans les lieux collectifs de crainte de heurter les sensibilités des non-chrétiens. Poussant plus loin cette logique, il s'est trouvé cette année une responsable pour proposer de changer l'appellation de « Noël » en « Fête du sapin ». En somme, pour que le sapin ait droit de cité, il suffirait de le diviniser et tout le monde serait content. Le comble serait qu'à Pâques, dans cette optique, certains décident d'adorer le lapin et à l'Adha le mouton. En somme, le troisième millénaire trouve plus de décence au paganisme qu'aux monothéismes. Évolution ou décadence ? Le débat est ouvert.
Tant attendue par les commerçants pour reprendre un peu de couleur, par les familles d'une communauté vieillissante pour retrouver les enfants partis étudier ailleurs, par les misérables pour un peu de réconfort, Noël est ce moment, dans une année à bout de souffle, où l'on reprend de l'élan pour « après ». « Après les fêtes », c'est aussi un rendez-vous, morne janvier, les poings dans les poches crevées, mais déjà une autre histoire. Pour l'heure, ce moment chrétien, tant pis pour les grincheux, est une tradition si bien enracinée, si ancrée dans l'enfance de tant de gens qu'il semble d'emblée impossible de l'appeler autrement que « Noël ». En faire une « fête des enfants », comme le suggéra un jour Jacques Attali, serait lui ôter toute sa dimension de bonté pour la réduire à une célébration de l'iPad, du Trash Pack et des Barbie de tous poils.
Car Noël, les enfants le savent, ce n'est pas un seul jour mais tout un avant. Ou un Avent. Cette attente qui dure, où l'on apprend les délices de l'impatience et la force de la patience, fait partie du plaisir. La perspective de la fête fait briller les yeux, rend plus sensible à la solitude et à la pauvreté d'autrui. Alors on y va de sa participation. Ce n'est pas tous les jours qu'on verra toute une équipe de basket, des paquets enrubannés sous le bras, errer dans les Souks à la recherche d'un groupe d'enfants qui attendent ces grands dadais avec un regard émerveillé. Ce n'est pas tous les jours qu'à l'appel de « human chain ! » on verra des dizaines de jeunes enfiler des gilets fluorescents et former une ligne pour charger des camions d'aides à l'intention des réfugiés de la Békaa. La bonté n'est pas une invention chrétienne, mais elle est dans l'air quand pointent les crèches et les sapins. Et on a beau chercher, il n'y a rien en cela qui puisse heurter d'autres sensibilités.

C'est une des fiertés des Libanais, quand ils ne se font pas la guerre, de partager leurs fêtes. Durant le ramadan, les chrétiens sont de tous les iftars. À Noël, les musulmans vivent à fond l'esprit de la saison. Par bonheur, ce qu'il nous reste de convivialité est joyeux, généreux et bon enfant, et pour rien au monde nous convaincrait-on de céder à la schizophrénie du politiquement correct qui atteint des sommets ridicules quand il s'agit de servir la laïcité. En France, par exemple, où l'on demande d'interdire les sapins dans les lieux collectifs de crainte de heurter les sensibilités des non-chrétiens. Poussant plus loin cette logique, il s'est trouvé cette année une responsable pour proposer de changer l'appellation de « Noël » en « Fête du sapin ». En somme, pour que le sapin ait droit de cité, il...
commentaires (9)

Geniale Fifi!

Michele Aoun

22 h 18, le 19 décembre 2013

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Commentaires (9)

  • Geniale Fifi!

    Michele Aoun

    22 h 18, le 19 décembre 2013

  • C’est plutôt la décadence des chrétiens qui en Europe en s’éloignant du christianisme pour épouser la laïcité se sont vite aperçu qu’ils sont devenus esclaves d’autres religions à qui ils doivent obéir et le comble sans discuter . Chrétiens réveillez vous et soyez fiers avant qu’il ne soit trop tard .

    Sabbagha Antoine

    14 h 24, le 19 décembre 2013

  • Ça y est, encore un autre comPlot "judéo-takfîîîrôh -Maçonnique" ; yîîîh !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 14, le 19 décembre 2013

  • SI LES FAçONS ET LES MODALITÉS SE MIXENT DURANT LES FÊTES DE TOUT LE MONDE... LES MOEURS ARCHAÏQUES, ET LES ESPRITS TARÉS, Y FOISONNENT TOUT DE MÊME !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 24, le 19 décembre 2013

  • Et le plus drôle est que les promoteurs acharnés de la suppression des fêtes chrétiennes,dont l'essentiel appartient d'ailleurs au Grand Orient de France ,dans son aile la plus bouffe-curé,ces promoteurs donc ont aussi été le moteur de la suppression de ces mêmes fêtes dans les beaux agendas de CEE...Ils avancent masqués derrière la laïcité,à condition toutefois que leur cible soit l'église...anti-cochon(pauvre bête),anti-mixité dans les piscines,anti-aumôneries,pro-gender,ils promènent partout une attitude arrogante et haineuse contre les chrétiens en général et les catholiques en particulier.Mais ce n'est pas grave.Car ils sont insignifiants,lamentables...des Robespierre et des Marat de pacotille des Fouquier-Tinville à la petite semaine.Et ce n'est pas le nouveau pape qui va arranger leur attitude de pauvres marchands du temple...mais quelle importance...ils seront bientôt balayés dans les urnes...qui risquent bien d'être funéraires pour eux!

    GEDEON Christian

    10 h 38, le 19 décembre 2013

  • La plus grande, la meilleure "fierté" des Libanais serait d'être un modèle pour le monde, de sacraliser leur diversité, de ne jamais "se faire la guerre" et de "partager leurs fêtes". Comme on en est loin, hélas !

    Halim Abou Chacra

    10 h 36, le 19 décembre 2013

  • Loin de jouer au "TROLL" De nos jours plus de SOUKS on dit plutôt "MAll" Et ça fait NEW-LOOK. Au diable 2013 et ses CASSEROLES Que chaque mort est un de TROP Que les "fanatiques" n'auront de RÔlE Que nos morts sont tous des HEROS Qu'une petite lampe de PETROLE Eclaire l'esprit de nos POLITICIENS En bas du sapin, sur une BANDEROLE Joyeux Noël à Fifi et aux SIENS...

    Charles Fayad

    09 h 38, le 19 décembre 2013

  • C’est cela ! La dernière invention de ce monsieur, faire de Noël la fête des enfants. J’ai cru entendre un jour à la radio qu’il a voulu faire de Pâques, la fête du printemps. Ce sont surtout les laïcs qui fêtent Noël avec extravagance, et personne ne trouve à redire. Enfin.

    Charles Fayad

    09 h 28, le 19 décembre 2013

  • Dès que la Laïcité dans les sociétés Développées est soumise au questionnement ; dès que, par conséquent, celui-ci s'élève à des problèmes vraiment humains, il se trouve en dehors du Statisme Sectaire libanais ; à moins de prendre son objet par le petit côté : Le rapport du monde Confessionnel en général au monde Laïc, est un problème capital des temps modernes. Sous quelle forme ce problème commence-t-il à préoccuper les Libanais ? Eh ben, sous la forme archaïque du système prohibitif réactionnaire et rétrograde. Le "libanisme" Niais avait passé des hommes dans la stratosphère, si bien qu'un beau jour certains Campagnards montagnards du pois-chiche, de la lentille et du fameux bézér laätîne se crurent métamorphosés en demi-dieux ! En fait, on commence à peine au Liban à essayer de vouloir reconnaitre la souveraineté d’une certaine séparation de l’Église et de l’État, dans le but inespéré de tenter d’ôter aux "églises" de tous ordres leur Monopole sur les "âmes" au sein de ce pays. On commence donc à faire au Liban, ce par quoi l'on a fini chez les peuples Développés ! L'ancien ordre pourri contre lequel ces peuples se révoltent toujours tant en théorie qu’en pratique et qu'ils supportent encore simplement comme l'on supporte des menottes, est toujours salué au Liban comme l'aube naissante d'un bel avenir qui ose même encore passer de la théorie astucieuse à la pratique Brutale !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    02 h 56, le 19 décembre 2013

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