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Économie - Libre-Échange

Négociations UE-USA : les multinationales protégées aux dépens des États ?

La France ou l'Allemagne poursuivies en justice par des multinationales ? L'accord de libre-échange entre Européens et Américains n'est qu'un horizon lointain, mais il pourrait prévoir un mécanisme de protection des investisseurs que certains accusent d'entraver l'action des États.
Alors qu'un nouveau round de discussions s'est ouvert lundi à Washington, près de 180 organisations et syndicats ont publié une lettre ouverte dénonçant une possible « atteinte au processus démocratique ».
Relayée par des parlementaires européens, cette inquiétude se nourrit de précédents accords de libre-échange contenant une clause de protection des investisseurs baptisée « Investor-State Dispute Settlement », ou ISDS.
En vertu de cette règle, les entreprises s'estimant entravées par un changement de législation dans un pays où elles ont investi peuvent saisir un tribunal arbitral – juridiction de droit privé – pour la contester et demander des réparations.
En pleine expansion, ce mécanisme permet aux entreprises d'obtenir réparation notamment en cas d'expropriation et en contournant les tribunaux locaux quand leur impartialité est en doute. Mais ses modalités d'application ont également créé d'importantes controverses.
Cas le plus emblématique, l'Uruguay, est poursuivi par Philip Morris pour avoir notamment ordonné d'augmenter la taille des avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes.
Le groupe Lone Pine Resources pourrait, lui, demander 250 millions de dollars au Canada, s'estimant lésé par le moratoire sur l'exploitation du gaz de schiste au Québec.

Juridictions opaques
Compte tenu du secret entourant les discussions, il est pour l'heure impossible de savoir si une telle clause figurera dans le futur accord transatlantique (TTIP).
Le mandat de négociation confié par les États membres à la Commission n'est pas public, mais, selon le fuite de documents internes sur Internet, l'accord devrait prévoir un mécanisme de règlement des conflits « dernier cri ».
« Cela a soulevé des inquiétudes sur le fait que le TTIP pourrait saper la capacité des gouvernements nationaux à agir dans l'intérêt de leurs citoyens », a récemment averti la House of Commons Library, un organisme indépendant chargé de conseiller le Parlement britannique.
Côté américain, le négociateur Dan Mullaney a été clair : il a assuré mi-novembre rechercher « le plus haut niveau de protection » pour les investisseurs et ajouté qu'un mécanisme arbitral devait être envisagé.
Contactée par l'AFP, la Commission européenne assure que le futur accord transatlantique ne « limitera pas le champ d'action des gouvernements » et qu'une entreprise ne saurait être indemnisée si une réglementation « sanitaire ou environnementale » faisait chuter ses bénéfices.
Le secrétaire américain au Commerce extérieur (USTR) indique, lui, qu'un des « objectifs cruciaux » des négociations consistera précisément à garantir le droit des États à légiférer dans « l'intérêt du public », mais qu'il faudra également protéger les investisseurs.

(Source : AFP)

La France ou l'Allemagne poursuivies en justice par des multinationales ? L'accord de libre-échange entre Européens et Américains n'est qu'un horizon lointain, mais il pourrait prévoir un mécanisme de protection des investisseurs que certains accusent d'entraver l'action des États.Alors qu'un nouveau round de discussions s'est ouvert lundi à Washington, près de 180 organisations et syndicats ont publié une lettre ouverte dénonçant une possible « atteinte au processus démocratique ».Relayée par des parlementaires européens, cette inquiétude se nourrit de précédents accords de libre-échange contenant une clause de protection des investisseurs baptisée « Investor-State Dispute Settlement », ou ISDS.En vertu de cette règle, les entreprises s'estimant entravées par un changement de législation dans un pays où...
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