Chuck Hagel a rencontré hier des responsables militaires afghans. Mark Wilson/Pool/AFP
Les autorités afghanes vont signer dans un « délai raisonnable » l'accord bilatéral de sécurité (ABS) encadrant le maintien de soldats américains dans le pays après 2014, a assuré samedi un ministre afghan lors de la visite à Kaboul du chef du Pentagone, Chuck Hagel. La date de la signature de cet accord-clé, négocié laborieusement par les deux pays, n'a toutefois pas été précisée. M. Hagel est arrivé samedi après-midi en Afghanistan pour une visite surprise de deux jours dans un contexte tendu entre Washington et Kaboul, qui refuse de signer un accord encadrant une présence militaire occidentale dans le pays au-delà de la mission actuelle de l'OTAN, fin 2014.
Signe des désaccords actuels entre Washington et Kaboul, aucune rencontre n'était prévue entre M. Hagel et le président Hamid Karzaï, selon des responsables américains et afghans. De toute façon, M. Karzaï était hier en visite à Téhéran. Le chef du Pentagone s'est toutefois entretenu avec le ministre afghan de la Défense, Bismullah Mohammadi.
L'ABS doit définir les conditions de la présence de soldats américains après 2014, date prévue du retrait des forces de l'OTAN, qui comptent actuellement 73 000 soldats (46 000 Américains et 27 000 de pays alliés) pour épauler le gouvernement de Kaboul, confronté depuis plus d'une décennie à la tenace rébellion des talibans. Or le président Karzaï refuse de signer cet accord tout de suite, estimant que cette tâche incombe à celui qui lui succèdera après l'élection présidentielle d'avril à laquelle il ne peut participer, la Constitution lui interdisant de briguer un troisième mandat. Les Américains estiment de leur côté qu'un tel délai ne leur laissera pas assez de temps pour préparer la mission militaire de l'après-2014, centrée sur la formation des forces afghanes et la neutralisation des menaces des rebelles et de leurs alliés d'el-Qaëda.
L'option zéro
La Maison-Blanche avait récemment laissé planer la menace d'une « option zéro », avec retrait de tous les soldats américains d'ici à un an, à la fin de la mission de combat de la force de l'OTAN (ISAF), et la suppression de milliards de dollars en aide militaire promise à Kaboul. Un retrait américain total risquerait de laisser le gouvernement afghan à la merci des talibans et autres groupes rebelles, qui ont gagné du terrain ces dernières années, et d'effacer les fragiles progrès engrangés dans un pays sous perfusion de l'aide internationale. Le général américain Joseph Dunford, à la tête de l'ISAF, a affirmé samedi qu'il n'avait pas commencé à planifier « l'option zéro », mais qu'il devrait s'y résoudre si l'ABS n'était pas signé « d'ici aux prochaines semaines ».
En Iran, le président Hassan Rohani a déclaré, à l'issue de sa rencontre avec M. Karzaï, que « Téhéran est opposé à la présence de forces étrangères quelles qu'elles soient dans la région, au Moyen-Orient ou dans le golfe Persique ». « Nous sommes inquiets par les tensions résultant de la présence de forces étrangères dans la région », a-t-il ajouté, cité par l'agence IRNA, soulignant que « la sécurité de l'Afghanistan devrait être assurée par les Afghans ». L'Iran a par ailleurs signé avec l'Afghanistan un « pacte de sécurité », a indiqué le vice-ministre iranien de l'Intérieur, Ali Abdollahi, également cité par IRNA. Un comité conjoint doit être créé dans le cadre de ce pacte et doit discuter notamment « du terrorisme, du crime organisé et du contrôle des frontières pour lutter contre le trafic d'êtres humains, l'immigration et le trafic de drogue », a précisé un responsable afghan depuis Kaboul.
(Source : AFP)


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