Rechercher
Rechercher

Économie - Investissements

La France menacée de « manquer le bateau » de la croissance africaine

« Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au sud du Sahara a décliné de 10,1 % à 4,7 % », selon un rapport présenté par l’ex-ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine. Éric Piermont/AFP

La France, qui a perdu des parts de marché en Afrique, est menacée d'y « manquer le bateau » de la croissance, a averti hier une ministre nigériane alors qu'un rapport officiel exhorte à changer d'attitude envers un continent courtisé par la Chine et autres pays émergents.
« Nos partenaires traditionnels comme la France (....) pourraient avoir à travailler un peu plus dur pour nous convaincre de travailler avec eux dans les investissements menés sur le continent », a souligné lors d'un forum franco-africain à Paris la ministre des Finances du Nigeria, Ngozi Okonjo-Iweala.
« Ceux qui ne sont pas encore sur le terrain doivent commencer maintenant. Parce que, croyez-moi, si vous manquez le bateau, si vous n'êtes pas en Afrique maintenant, vous allez rater l'occasion de toute une vie », a-t-elle ajouté, sous les applaudissements de quelque 560 entrepreneurs africains et français.
Selon un rapport de l'ex-ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine, publié hier pour le forum, « entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au sud du Sahara a décliné de 10,1 % à 4,7 % ». Dans le même temps, celle de la Chine dépassait les 16 %.
« Le diagnostic est évidemment sévère : la France perd des parts de marché dans toutes les zones où elle était fortement implantée pour des raisons historiques, et elle n'en gagne presque pas ailleurs », a expliqué M. Védrine à l'AFP.
Pour créer une « nouvelle dynamique économique », son rapport prône « un changement de perception et d'attitude ». Il faut « sortir des idées reçues », oublier l'image du « continent des laissés-pour-compte » qui « masque une autre Afrique plus nombreuse, plus puissante », avec une croissance moyenne annuelle de 5 %, « juste derrière l'Asie et loin devant l'Europe ».

France et Afrique ont besoin chacune de l'autre
Reconnaissant le recul français, le ministre de l'Économie Pierre Moscovici a souligné lors du même forum que la France, pour soutenir son économie, avait « besoin de l'Afrique ».
La croissance de la France aujourd'hui est proche de zéro. Les échanges commerciaux africains ont de leur côté grimpé de 16 % par an en moyenne.
« L'Afrique n'est pas, ne peut pas être le récipiendaire de notre aide au développement, ni le terrain gardé de situations acquises, qui en réalité ne le sont plus », a admis aussi le ministre français.
« Nous avons besoin de l'Afrique » et « il faut tenir un langage de vérité : la croissance de l'Afrique nous entraîne, son dynamisme nous soutient, sa vitalité nous stimule », a-t-il insisté.
Ce forum économique précède l'organisation vendredi et samedi à Paris d'un sommet franco-africain axé sur la sécurité, le partenariat économique et les changements climatiques.
Pour Hubert Védrine, l'explication du recul français est simple : « En dehors des problèmes de la France partout, c'est-à-dire le manque de compétitivité, l'installation depuis longtemps en Afrique a créé des rentes de situation pour des entreprises qui se croyaient un peu chez elles » et ont été dépassées par des sociétés chinoises, turques, indiennes ou brésiliennes.
Selon lui, une fenêtre d'opportunités existe toutefois pour les Français. Les Africains « ne veulent pas se retrouver en tête à tête avec les Chinois », souligne-t-il dans un entretien publié par le journal Le Figaro. Et d'ajouter : « Les Africains disent désormais à leurs anciens partenaires : "Revenez, on a besoin de vous". »
Son rapport, auquel ont contribué notamment le banquier d'affaires franco-béninois Lionel Zinsou et le dirigeant d'entreprise franco-ivoirien Tidjane Thiam, relève que la baisse des parts de marché de la France masque une très forte hausse des exportations françaises vers l'Afrique subsaharienne.
Elles sont passées de 6,3 milliards de dollars en 1990, à 7,7 milliards en 2000 et 17,5 milliards en 2011, note le rapport.
Si la France double ses exportations vers le continent africain en cinq ans, elle peut, selon les auteurs du rapport, créer chez elle quelque 200 000 emplois.
Parmi quinze propositions, le rapport suggère de « rénover les procédures de visas économiques et leur mise en œuvre », de « mieux associer la diaspora africaine et les collectivités locales à la politique économique africaine de la France », et d'augmenter le nombre de bourses pour les étudiants africains en France.
(Source : AFP)

La France, qui a perdu des parts de marché en Afrique, est menacée d'y « manquer le bateau » de la croissance, a averti hier une ministre nigériane alors qu'un rapport officiel exhorte à changer d'attitude envers un continent courtisé par la Chine et autres pays émergents.« Nos partenaires traditionnels comme la France (....) pourraient avoir à travailler un peu plus dur pour nous convaincre de travailler avec eux dans les investissements menés sur le continent », a souligné lors d'un forum franco-africain à Paris la ministre des Finances du Nigeria, Ngozi Okonjo-Iweala.« Ceux qui ne sont pas encore sur le terrain doivent commencer maintenant. Parce que, croyez-moi, si vous manquez le bateau, si vous n'êtes pas en Afrique maintenant, vous allez rater l'occasion de toute une vie », a-t-elle ajouté, sous les...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut