De l'autre côté de la mer, il y a l'horizon bleu, azuré, profond. Immense. De l'autre côté de la mer, il y a parfois des terres arides, sèches, sauvages même.
Quid de la mère ? Dans la réalité, on a toujours loué les qualités, les vertus et la présence essentielle de la mère nourricière car, dans la vie, la maman joue un rôle important tant dans l'éducation de ses enfants que dans l'accompagnement d'une famille vers les frontières d'autres générations. La maman est la passerelle vers le futur. Elle est ce passeur tranquille, le plus souvent discret, qui assure la pérennité d'un nom. La mère est la porteuse, la fertile, celle qui donne et ne prend jamais. Celle qui s'efface au tournant de l'âge, celle dont l'identité s'efface aussi. Elle n'est plus femme, ni épouse, ni amante, mais mère. En Orient, elle perd même son prénom pour être « Om de... ». Elle devient quelqu'un par rapport à un autre.
Est-ce pour cela que les films essayent de rétablir une autre réalité, certes cruelle, mais quelque part vraie ? Car le cinéma n'est-il pas plus réel que la vie ? (François Truffaut dixit).
Les mères, comme elles apparaissent dans les deux films qui sont à l'affiche des salles beyrouthines cette semaine, ont un visage peut-être exacerbé, mais elles sont néanmoins le profil de mamans qui existent dans la réalité. Possessives, castratrices, nombrilistes, à la limite haineuses si leur protégé n'accomplit pas leur bon désir. Mommy Dearest ou Maman très chère, ce film réalisé par Frank Perry en 1981, était inspiré des Mémoires de Christina Crawford, fille de l'actrice Joan Crawford. Le portrait n'est pas très flatteur. Il témoigne des relations qui se tissent entre maman et enfant (dans le cas d'une mère pareille) et qui deviennent un territoire de réelle violence. Carrie, Only God Forgives et récemment Child's Pose, que les spectateurs ont eu le privilège de voir au cours du Festival du cinéma européen, narrent ces « liaisons dangereuses ». Une image poussée bien sûr à l'extrême que nous renvoie le 7e art, mais le langage cinématographique est tout autre que le langage littéraire, et la force des images dépasse de loin le vocabulaire des mots.
Incompréhensible « mère », océan de turbulences mais aussi, ne l'oublions pas, océan de sentiments et immense étendue d'eau salvatrice et purificatrice.


Mais toutes les meres ne se ressemblent pas! Chaque mere a ete avant un enfant. Si elle a eu une enfance, adolescence et jeunesse difficiles et qu'elle n'a rien recu de bon de ses parents, elle ne pourra donner que ce qu'elle a. Comme dit le proverbe, "la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a".
16 h 23, le 29 novembre 2013