Detlef Wetzel, le nouveau patron du puissant syndicat allemand IG Metall. Kai Pfaffenbach/Reuters
Le puissant syndicat allemand IG Metall a élu hier son nouveau président au cours d'un congrès extraordinaire à Francfort où la chancelière conservatrice Angela Merkel a renouvelé sa promesse d'instaurer un salaire minimum généralisé en Allemagne.
Detlef Wetzel, numéro deux du syndicat depuis 2007, a été élu à la tête du syndicat avec 75,51 % des voix, à l'occasion d'un congrès extraordinaire qui réunissait ses délégués depuis dimanche à Francfort (Ouest). Il succède ainsi au très respecté Berthold Huber, qui occupait cette fonction depuis six années.
Ce résultat « est suffisant, mais cela aurait pu être plus », a regretté auprès de l'AFP M. Wetzel, 60 ans, qui a obtenu l'un des scores les plus faibles depuis 1948 pour un président nouvellement élu.
Ce congrès avait lieu alors que l'un des chevaux de bataille historiques du syndicat, l'instauration d'un salaire minimum généralisé, est en passe de s'imposer en Allemagne.
« Si les négociations de coalition aboutissent favorablement, il y aura un salaire minimum généralisé garanti par la loi », a promis la chancelière allemande Angela Merkel, qui était invitée à s'exprimer à l'occasion de cet évènement.
Depuis plus de quatre semaines, le camp conservateur (CDU/CSU) de Mme Merkel et les sociaux-démocrates (SPD) sont engagés dans des négociations afin de rédiger un programme commun de gouvernement. Ils espèrent les clore en milieu de semaine, selon des participants.
« Nous discutons encore des modalités », a précisé Mme Merkel dans son discours.
Une telle mesure pourrait toutefois « coûter des emplois » à l'économie allemande, a-t-elle mis en garde, se faisant l'écho des milieux économiques et patronaux allemands opposés à une telle mesure. « J'espère que nous pourrons éviter que des emplois disparaissent », a-t-elle encore ajouté.
« Nous avons besoin de l'introduction d'un salaire minimum généralisé garanti par la loi, au minimum de 8,50 euros, maintenant », lui a rétorqué M. Wetzel.
2,3 millions d'adhérents
La semaine dernière, la chancelière avait annoncé que son pays allait se doter d'un salaire minimum généralisé, une décision qu'elle avait présentée comme une concession nécessaire au SPD. Ce dernier milite en effet pour un salaire horaire minimum de 8,50 euros pour tous.
Ni la date d'introduction ni le niveau de ce smic à l'allemande ne sont encore connus, mais l'accord de principe des conservateurs constitue déjà une révolution en Allemagne, où les responsables politiques s'en remettent traditionnellement aux partenaires sociaux sur ce sujet.
La chancelière a également profité de ce discours, qui lui a valu à plusieurs reprises les applaudissements des délégués syndicaux, pour saluer la qualité du dialogue qu'elle a mené avec la direction d'IG Metall au cours des huit
années déjà passées à la tête du pays. « Nous travaillons aux mêmes projets », a-t-elle estimé, jugeant les discussions avec l'organisation tout à la fois « bonnes, honnêtes et ouvertes au débat ».
Avec près de 2,3 millions d'adhérents, IG Metall, qui défend les salariés toutes catégories confondues dans la sidérurgie, l'automobile, l'électronique ou encore le textile, est le plus gros syndicat d'Europe et le plus puissant d'Allemagne.
Confrontée depuis la décennie 1990 à l'érosion de ses effectifs, l'organisation s'est lancée dans une vaste réorientation de sa stratégie ces dernières années, mettant davantage l'accent sur les services, en vue de conquérir de nouveaux adhérents.
Le syndicat doit également faire face à un vieillissement de ses membres, ce qui le pousse à tourner sa communication en direction d'un public plus jeune.
Considéré comme l'artisan de ce renouveau, M. Wetzel s'est engagé à trouver à l'avenir « des réponses particulières aux nouvelles questions qui émergent dans la société ».
Notamment, il entend se consacrer à « la lutte contre les recours abusifs aux contrats de prestation de services, afin qu'ils ne soient pas utilisés pour faire du dumping et aggraver les conditions de travail, et à une plus grande implication des salariés », avait-il récemment promis lors d'un entretien à l'AFP.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine