Le Premier ministre grec, Antonis Samaras, a assuré que « la stabilisation économique de la Grèce dans les domaines de l’ajustement fiscal et des réformes structurelles produit des résultats tangibles ». Aris Messinis/AFP
À l’instar de l’Espagne, du Portugal et de l’Italie, Athènes a présenté hier un budget 2014 qui table sur un retour de la croissance avec une légère progression du produit intérieur brut (PIB) à 0,6 %, après une contraction de -4 % en 2013.
La Grèce revient d’encore plus loin que ses voisins du sud de l’Europe malmenés, comme elle, par la crise de la dette qui a éclaté en 2010 : le pays traverse sa sixième année de récession consécutive et la contraction cumulée du PIB depuis 2008 s’élève à plus de 22 %.
Toutefois, le redressement du pays paraît encore fragile, selon ses créanciers, l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI).
Hier, le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a douché l’optimisme d’Athènes en déclarant au quotidien grec Ta Néa que les ministres des Finances de la zone euro « perdent patience » avec la Grèce, évoquant « l’absence de progrès » dans la réalisation des réformes structurelles.
Et le projet de budget, dont le vote interviendra en décembre, sera très certainement révisé, car Athènes n’est pas parvenu à se mettre d’accord avec la troïka des créditeurs internationaux sur l’ampleur du trou budgétaire prévisible pour l’an prochain. « Je ne peux pas dire que nous sommes en plein accord avec ce budget », a commenté à Bruxelles Simon O’Connor, porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.
Mercredi, la troïka (UE, Banque centrale européenne et FMI) a clos un laborieux round de négociations entamées en septembre avec Athènes. Dans un bref communiqué, elle souligne que « des progrès ont été effectués », mais que « certaines questions restent à résoudre lors des négociations qui se poursuivront ».
Athènes vise au déblocage d’une tranche de prêt d’un milliard d’euros, mais les discussions achoppent aussi sur l’avenir de trois entreprises publiques déficitaires, une nouvelle taxe foncière et une levée du moratoire sur les saisies immobilières.
De son côté, le FMI a estimé que la Grèce n’est pas confrontée à des problèmes « aigus » de financement, en dépit du retard dans ces discussions.
Dans cette négociation serrée, le gouvernement de coalition du conservateur Antonis Samaras peut faire valoir le risque d’imposer un nouveau tour de vis à une société essorée par la rigueur. Son gouvernement, qui dispose de quatre voix de majorité au Parlement, risquerait de ne pas y survivre.
Nouveau coup de rabot
Ce budget, le second du gouvernement Samaras au pouvoir depuis juin 2012, reste soumis à une extrême austérité.
Sans comporter en l’état de nouvelles coupes des retraites ou des salaires, les économies passent par de nouveaux coups de rabot dans les dépenses des organismes publics, une réforme des assurances sociales visant à économiser 600 millions d’euros, des fusions d’établissements publics. Le taux de chômage devrait commencer à décroître l’an prochain, à 24,5 % contre 25,5 % prévu en 2013.
Face aux sceptiques, Antonis Samaras a assuré hier que « la stabilisation économique de la Grèce dans les domaines de l’ajustement fiscal et des réformes structurelles produit des résultats tangibles ». Illustration : le budget 2014 table sur un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) à 1,6 %, d’environ 3 milliards d’euros. Un excédent devrait pour la première fois être atteint dès 2013, à hauteur de 812 millions d’euros.
En 2014, grâce à cet excédent primaire, l’explosive dette de la Grèce devrait enregistrer « une baisse pour la première fois », à 174,8 % du PIB, soit 320 milliards d’euros, a précisé le ministre adjoint des Finances, Christos Staïkouras.
Le déficit public devrait s’élever à 2,3 % du PIB contre 2,2 % prévu pour 2013 et 6,1 % en 2012, ce qui confirme également l’amélioration des finances du pays.
Ces performances ont même été saluées hier par la chancelière allemande, Angela Merkel, que M. Samaras rencontrera aujourd’hui à Berlin.
« La Grèce a accompli beaucoup de choses » et elle « a maintenant un excédent de ses comptes publics, ce qui est un préalable pour pouvoir un jour s’en sortir toute seule », a-t-elle affirmé.
(Source : AFP)


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