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Moyen Orient et Monde - Proche-Orient

Israël et Palestine : Hollande réussit l’examen de passage, sans éclat ni scandale

Le président français a su délivrer les messages de la France sans froisser la susceptibilité des hôtes.

En visite dans la région, le président français « a prouvé, sans faire offense à son amitié avec Israël, qu’il avait aussi quelques autres amis dans le coin ». Pool/Jack Guez/AFP

Le président français François Hollande, en difficulté à domicile, a plutôt réussi son examen de passage en Israël et chez les Palestiniens, parvenant à délivrer les messages de la France sans froisser la susceptibilité de ses hôtes.
Dans l’hémicycle de la Knesset, le Parlement israélien, au moment le plus solennel de cette visite d’État, pas de scandale lorsque le président français a égrené les « principes » d’une paix au Proche-Orient selon la France. « Deux États, Israël et la Palestine, ayant tous deux Jérusalem pour capitale » et l’arrêt « total » de la colonisation des territoires occupés par Israël, a-t-il énuméré. Et des applaudissements nourris lorsque M. Hollande s’est montré inflexible sur le programme nucléaire iranien, promettant de maintenir les sanctions jusqu’à ce que Téhéran « renonce définitivement à son programme militaire ».
Un climat bien différent de la visite d’un Jacques Chirac en 1996 qui s’était agacé de la pression des services de sécurité israéliens dans la vieille ville de Jérusalem. Ou du caillassage en 2000 à l’université palestinienne de Bir Zeit, en Cisjordanie, du Premier ministre Lionel Jospin, qui avait eu le malheur de qualifier les opérations du Hezbollah contre l’armée israélienne au Liban-Sud de « terroristes ».
Le Yediot Aharonot, le plus gros tirage israélien, a salué le numéro d’équilibriste du président français : « Dimanche il a embrassé Netanyahu (le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu) et hier il a embrassé Abou Mazen (surnom du président palestinien Mahmoud Abbas). François Hollande a prouvé, sans faire offense à son amitié avec Israël, qu’il avait aussi quelques autres amis dans le coin », souligne le journal.
Le discours de M. Hollande « a fait l’unanimité », a déclaré pour sa part le ministre français de l’Économie Pierre Moscovici, estimant que la visite avait été marquée par « une consolidation politique très puissante » de la relation franco-israélienne « qui aura aussi un impact sur la relation économique ».

Gestes symboliques
Dans leur conférence de presse commune, Benjamin Netanyahu et « François » se sont tutoyés, affichant une certaine complicité alors qu’ils ne se connaissaient guère avant que le président français ne prenne ses fonctions. Le drame de la tuerie perpétrée le 19 mars 2012 dans une école juive de Toulouse tout comme la visite du mémorial de la Shoah de Yad Vashem les auront rapprochés.
Dans le camp palestinien, Mahmoud Abbas, a qualifié de « très importante » la visite du chef d’État français lundi à Ramallah, affirmant que « le président Hollande et la France peuvent jouer un rôle important dans les négociations » de paix.
Certes, les commentateurs palestiniens n’ont pas manqué de noter que François Hollande n’avait passé qu’une demi-journée à Ramallah contre près de 72 heures en Israël. « Mais le plus important », nuance l’analyste Adel Abderrahahmane, sur un site de commentaires, « est que la France a, et a toujours eu, des positions claires et nettes en faveur des droits nationaux palestiniens ». La visite de « M. Hollande en Palestine occupée ne doit donc pas être mesurée en nombre d’heures mais en fonction des résultats obtenus », écrit-il, soulignant le dépôt de gerbe hautement symbolique au mausolée de Arafat, une première.
Dans l’entourage de M. Hollande, on voulait voir aussi un « geste » dans l’invitation lancée par M. Netanyahu au président palestinien à venir s’exprimer devant la Knesset. Une « invitation » que les protagonistes n’ont guère prise au sérieux, le quotidien israélien Haaretz relevant que selon le règlement de la Knesset, seuls des chefs d’État, de Parlement ou de gouvernement peuvent y prendre la parole – « ce qui donnerait deux choix à Benjamin Netanyahu : reconnaître l’État palestinien ou changer le règlement ».
(Source : AFP)

Le président français François Hollande, en difficulté à domicile, a plutôt réussi son examen de passage en Israël et chez les Palestiniens, parvenant à délivrer les messages de la France sans froisser la susceptibilité de ses hôtes.Dans l’hémicycle de la Knesset, le Parlement israélien, au moment le plus solennel de cette visite d’État, pas de scandale lorsque le président français a égrené les « principes » d’une paix au Proche-Orient selon la France. « Deux États, Israël et la Palestine, ayant tous deux Jérusalem pour capitale » et l’arrêt « total » de la colonisation des territoires occupés par Israël, a-t-il...
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