Des soldats loyalistes exposent le butin laissé par les jihadistes à Kara, la veille. Photo AFP /STR
Plusieurs attentats-suicide à la voiture piégée ont frappé hier la région stratégique de Qalamoun, au nord de Damas, théâtre de combats féroces entre l’armée syrienne et les jihadistes, ont affirmé une ONG syrienne et l’agence officielle SANA.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), sept soldats syriens ont péri dans un double attentat à la voiture piégée perpétré par des kamikazes devant un barrage et un siège des renseignements militaires à l’entré de Nabek, à 80 km de la capitale. Ces attaques, menées par des combattants de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) et du Front al-Nosra, se sont produites au lendemain de l’éviction de ces jihadistes par l’armée de la localité de Qara, également dans la région de Qalamoun, près de la frontière libanaise. Les groupes jihadistes avaient alors menacé de riposter, selon l’OSDH, qui s’appuie sur un large réseau de sources civiles, militaires et médicales.
Une source de sécurité syrienne a cependant affirmé qu’un seul attentat à la voiture piégée s’était produit près d’un barrage à l’entrée de Nabek. « Les militaires au barrage ont arrêté une voiture suspecte, et le conducteur, qui était un kamikaze portant une ceinture explosive, a voulu s’enfuir, mais il a été abattu par les soldats. Le véhicule a toutefois explosé », a expliqué cette source sous le couvert de l’anonymat, précisant qu’il y avait « des victimes ».
Freiner l’avance de l’armée
D’après le directeur de l’OSDH, Rami Abdelrahman, « cela semble avoir temporairement arrêté l’avance de l’armée dans ce secteur ». « La bataille de Qalamoun va être longue. Le régime a pris l’ascendant, mais je m’attends à davantage de surprises de la part des rebelles islamistes. »
En effet, des insurgés du Front al-Nosra ont affirmé que des centaines de combattants de leur groupe et de l’EIIL, affilié à el-Qaëda, ont rallié cette région montagneuse ces dernières semaines. « Il y a de grandes chances que le régime remporte (cette bataille), mais nos combattants lui réservent encore quelques surprises », a ainsi certifié un rebelle du Front al-Nosra.
(Eclairage : À l’Escwa, on planifie déjà la reconstruction de la Syrie d’après-guerre)
Par ailleurs, l’agence SANA a fait état de deux attentats-suicide à la voiture piégée devant l’hôpital Bassel à Deir Attiya, une localité majoritairement chrétienne et tenue par l’armée, à 8 km au nord de Nabek. « Plusieurs gardes ont été tués, puis les terroristes sont entrés dans l’hôpital et ont voulu saccager des équipements, mais l’armée a réussi à les chasser », a rapporté l’agence officielle syrienne.
L’OSDH a confirmé que les rebelles étaient entrés dans l’hôpital et s’étaient emparés d’un officier blessé, avant d’être chassés par un assaut de l’armée. Elle ne fait pas mention des deux voitures piégées.
Parallèlement, la guerre faisait rage dans d’autres localités de la région de Qalamoun, en particulier à Yabroud, bastion rebelle bombardé hier par l’armée. Des avions ont mené des raids aux alentours de Deir Attiya, et huit rebelles ont été tués dans les combats, selon l’OSDH.
Si le régime parvenait à reprendre cette région stratégique, il bloquerait l’accès des rebelles au Liban et leur approvisionnement en armes.
Ailleurs dans le pays, à Raqa, le Front al-Nosra a déployé son drapeau noir sur un sanctuaire chiite, un nouveau signe témoignant que le conflit prend de plus en plus une tournure confessionnelle, d’après l’OSDH.
Un peu plus loin, à Damas, un obus de mortier est tombé près de la place des Omeyyades, tandis que deux autres ont touché le quartier de Kassaa.
(Pour mémoire : « Pas d’armes chimiques enfouies au Liban »)
En pleine mer
Sur un autre plan, l’arsenal syrien de plus de 1 000 tonnes d’armes chimiques pourrait être détruit en mer si l’on ne trouve aucun pays qui accepte que cette destruction se fasse sur son sol, a déclaré l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) hier.
La Belgique a déclaré n’être pas favorable à la destruction d’une partie des armes chimiques syriennes sur son territoire. L’Albanie, également approchée par Washington, avait déjà exclu que l’opération de destruction se déroule sur son territoire. La Norvège, pour sa part, avait de même rejeté la requête américaine, mais s’est engagée, de pair avec le Danemark, à fournir des navires pour contribuer au transport des armes chimiques syriennes vers le lieu de leur destruction. La France s’est dit prête à apporter son expertise pour la destruction des armes chimiques syriennes hors de Syrie, mais a précisé qu’elle n’avait pas été sollicitée pour les accueillir.
C’est ainsi que vendredi, à La Haye, le conseil exécutif de l’OIAC a adopté une feuille de route sur la destruction de l’arsenal chimique syrien d’ici à la mi-2014, comprenant un plan détaillant les méthodes possibles de destruction de ces armes, hors de Syrie, sur terre ou en mer. Ce plan doit être approuvé avant le 17 décembre.
Reportage
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