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À La Une - Liban - Conférence

« Saisir les défis économiques de la région pour en faire des atouts »

Les grands du secteur bancaire arabe se sont réunis jeudi pour établir un bilan économique de la région, qui passe par une phase politique et sécuritaire mouvementée depuis le début des soulèvements arabes. Zoom sur les principales propositions de chacun.

MM. Bassil, Salamé, Barakat, Nahas, Torbey et Kassar au cours de la conférence, hier.

L’Union des banques arabes (UBA), en coopération avec la Banque du Liban (BDL), l’Association des banques libanaises (ABL), l’Union internationale des banquiers arabes (UIBA) et le Conseil de l’union économique arabe, a inauguré jeudi la conférence bancaire arabe 2013. L’événement était parrainé par le chef de l’État Michel Sleiman, représenté par le ministre sortant de l’Économie et du Commerce Nicolas Nahas et portait sur les répercussions économiques des bouleversements dans la région et du rôle des banques à cet égard.


« Les prévisions de croissance pour les pays arabes ne sont guère encourageantes ; le taux de croissance devrait passer de 3,9 % en 2012 à 3,3 % fin 2013 selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI) », a souligné le président de l’UBA Mohammad Barakat. Selon lui, les défis à venir sont nombreux, compte tenu de l’instabilité politique qui régit la région. « Les conséquences négatives des bouleversements se sont déjà fait sentir sur l’accumulation des dettes, les déficits publics ou la hausse du chômage qui a atteint plus de 20 millions de personnes dans les pays arabes, dont la plupart sont des jeunes », a-t-il indiqué, déplorant le manque à gagner « énorme » en termes de ressources humaines. « D’autre part, en plus des conséquences directs sur l’économie, les dégâts se sont également fait sentir sur les affaires et les investissements », a poursuivi M. Barakat. 


Cependant, le président de l’UBA s’est dit « rassuré malgré tout quant à la santé et la résilience du secteur bancaire arabe, qui a affiché des résultats positifs en termes de fonds propres, liquidités et profits ». Ainsi, selon les chiffres qu’il a avancés, le total des actifs a atteint 2 600 milliards de dollars fin 2012, celui des dépôts 1 600 milliards et celui des prêts 1 400 milliards. « Quant à nos estimations pour l’année 2013, les chiffres sont bons, les actifs devraient dépasser les 2 700 milliards de dollars, soit une croissance annuelle de plus de 3 % », a-t-il ajouté.


Pour le président de l’UIBA, Joseph Torbey, « les pays arabes devraient garder à l’esprit qu’après la destruction débutera une longue phase de construction qui engendrera un large éventail d’opportunités d’investissement ». « Un rapprochement et une plus forte coopération entre les secteurs bancaires arabes s’avèrent ainsi nécessaires, afin de mettre en place des stratégies d’action capables d’attirer les capitaux et de créer des opportunités d’emploi », a-t-il affirmé.

« Le secteur bancaire libanais se porte bien »
M. Torbey s’est par ailleurs attardé sur le cas du Liban « qui paye très lourdement le prix de l’afflux massif des réfugiés syriens sur son territoire et qui équivaut à environ un tiers de sa population ». « À cause de la crise syrienne, les pertes cumulées pour l’économie libanaise avoisineraient les 7,5 milliards de dollars fin 2014 selon les estimations de la Banque mondiale (BM) », a-t-il affirmé.


De son côté, le président de l’ABL François Bassil a tenu à mettre en avant « la solidité, la résilience et la transparence du secteur bancaire libanais, qui résiste malgré tout et affiche des résultats encourageants ». « La base des dépôts qui comprend les dépôts des résidents et des non-résidents a atteint 131 milliards de dollars au cours des neuf premiers mois de 2013, soit une hausse de 5 % en glissement annuel », a-t-il indiqué. « Quant aux prêts octroyés au secteur privé, ils ont atteint 47 milliards de dollars, en hausse de 6 % sur les neuf premiers mois de l’année également », a poursuivi M. Torbey. « Les profits du secteur bancaire libanais connaissent une certaine stabilisation, après un léger recul au cours des deux dernières années », a-t-il ajouté.


Pour le gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé, la notation du Liban à la baisse par Standard & Poor’s « est une conséquence de la situation politique et des répercussions de la crise syrienne sur le secteur financier ». « La BDL met en place des politiques à long terme pour dépasser cette période difficile », a-t-il indiqué. Il a cité, entre autres, la volonté de la Banque centrale à maintenir des taux d’intérêt stables et à soutenir à la demande interne et l’économie du savoir.


Enfin, M. Nahas a insisté, au nom du président Sleiman, sur l’importance de créer un environnement sûr et transparent pour les investisseurs en décentralisant le pouvoir et en instaurant un environnement stable et transparent. Il a également évoqué la nécessité de faire de l’éducation une priorité, en adéquation avec le marché de l’emploi.
« Les plus grands défis du monde arabe ne sont pas économiques, mais existentiels, et c’est à nos responsables politiques de saisir cette opportunité pour donner un nouveau souffle à la région pour les années à venir », a conclu M. Torbey.

 

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