Le président français, François Hollande, a rencontré une délégation de jeunes Européens participant à un « sommet alternatif » sur l’emploi des jeunes avec la Confédération européenne des syndicats. Fred Dufour/AFP
Étaient également présents les présidents du Conseil, de la Commission et du Parlement européens Herman Van Rompuy, José-Manuel Barroso et Martin Schulz, celui de la Banque européenne d’investissement (BEI) Werner Hoyer ainsi que les chefs des services publics de l’emploi et partenaires sociaux.
Avant la conférence, le ministre du Travail Michel Sapin a réuni ses homologues. M. Hollande a, lui, rencontré une délégation de jeunes Européens participant à un « sommet alternatif » sur l’emploi des jeunes avec la Confédération européenne des syndicats. Ils ont demandé aux dirigeants de l’UE de « passer aux actes » et de « rompre avec l’austérité ».
Une mobilisation forte
La mobilisation est « extrêmement forte », s’est félicité M. Hollande, alors que le chômage des jeunes reste à un niveau « inacceptable », estime la Commission européenne.
Selon les données officielles, en septembre quelque 5,6 millions de jeunes Européens étaient sans emploi (23,5 %), l’Allemagne faisant figure de meilleure élève, avec 7,7 % de jeunes au chômage, alors que la France avoisine les 25 %. La Grèce et l’Espagne battent quant à elles des records avec des taux supérieurs à 56 %. Il ne s’agit pas de lancer de nouveaux instruments, mais de « s’assurer que tous les moyens sont mis en œuvre et que la volonté politique est confirmée pour obtenir des résultats concrets dans les deux ans qui viennent », a indiqué l’Élysée.
Il y a six mois, les Européens ont décidé de mobiliser des moyens très ciblés avec notamment une enveloppe de six milliards d’euros destinée aux régions les plus frappées par le chômage des jeunes.
La France espère toucher 10 % de cette enveloppe, soit 600 millions auxquels s’ajoutent 100 millions lors du dernier Conseil européen.
Selon Paris, en plus de ces six milliards prévus sur deux ans en 2014 et 2015, la BEI a prévu d’y consacrer six milliards par an de 2013 à 2015, et le Fonds social européen (FSE) sept milliards par an sur la même période. Au total environ 45 milliards d’euros seraient ainsi mobilisés sur trois ans.
Au cœur de ces dispositifs, l’UE a instauré le principe d’une « garantie pour la jeunesse » stipulant qu’aucun jeune Européen ne reste plus de quatre mois sans proposition d’emploi ou de formation.
Les États membres doivent transmettre avant la fin de l’année leur plan d’application de cette « garantie » et un comité se réunira en décembre à Bruxelles pour les évaluer. L’Élysée a indiqué avoir envoyé le sien vendredi dernier.
François Hollande a accueilli cette réunion au moment où il affronte en France une grave crise de confiance, qui l’a fait chuter au plus bas dans les sondages ; la chancelière allemande arrive elle à Paris auréolée de sa reconduction à la tête de son pays où elle est en passe de réussir à former un gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates du SPD. En outre, le président français, qui a fait de l’emploi des jeunes une des priorités de son quinquennat, a mis en place nombre de dispositifs, mais qui peinent, pour certains, à produire leurs effets. Sa capacité à inverser, comme il l’a promis, la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année reste très incertaine.
(Source : AFP)


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