Dans la bande de Gaza, le mouvement islamiste Hamas, qui gouverne l’enclave palestinienne, n’a pas autorisé les cérémonies anniversaires hier, faute d’accord sur les modalités avec le Fateh, le mouvement de Arafat. L’appel à manifester contre le Hamas à cette occasion, lancé par un groupe inconnu nommé Tamarrod, inspiré de la mobilisation en Égypte contre le président islamiste déposé Mohammad Morsi, n’a pas été suivi à travers Gaza, où la présence policière était visible. Plusieurs journalistes qui interviewaient des habitants sur cet anniversaire ont été brièvement interpellés. En Cisjordanie, administrée par le Fateh, le président Mahmoud Abbas s’est engagé, dans un discours diffusé dimanche soir, à « rechercher toute la vérité sur le décès de notre dirigeant Abou Ammar (nom de guerre de Arafat), quels que soient les complications et les obstacles ».
Quelques jours plus tôt, des rapports d’analyses médicales suisse et russe ont montré la présence de quantités anormales de polonium-210 sur la dépouille du chef historique palestinien. Les analyses prouvent que Arafat n’est mort « ni de vieillesse ni de maladie, mais par empoisonnement », a résumé vendredi le Dr Abdallah al-Bachir, chef de l’équipe médicale de la commission d’enquête palestinienne, précisant néanmoins qu’elles ne permettaient pas de déterminer la cause de la mort. « Certains morts ont parfois une puissance et une présence que n’ont pas les vivants au pouvoir », a remarqué la semaine dernière une éditorialiste du quotidien panarabe Asharq al-Awsat. « De sa tombe, Arafat est capable de changer le cours des événements à des moments critiques », a-t-elle estimé, relevant la coïncidence avec une visite du secrétaire d’État américain John Kerry pour sauver les négociations de paix en péril.
Du vivant de Arafat, le gouvernement israélien et l’administration US de l’époque lui imputaient la responsabilité des violences de la seconde intifada. « Neuf ans après l’assassinat de Arafat, qualifié par Israël d’obstacle à la paix, rien n’a changé sur le terrain, et il est temps pour Israël de comprendre qu’aucun Palestinien ne renoncera aux constantes nationales palestiniennes, auxquelles tenait Arafat », a commenté le quotidien panarabe al-Quds al-arabi après la publication des rapports d’analyses.
Le Hamas a invoqué ces expertises médicales pour exiger de nouveau l’arrêt des négociations et « des mesures concrètes afin de découvrir ceux qui sont impliqués dans le crime ». « Si le Hamas était tellement préoccupé par le martyre d’Abou Ammar, il autoriserait les cérémonies de commémoration à Gaza », a répliqué vendredi le président de la commission d’enquête palestinienne, Tawfiq Tiraoui, désignant Israël comme « le principal et unique suspect ». M. Tiraoui s’est aussi étonné que le rapport médical français n’ait pas été communiqué. « La France connaît toute la vérité et les détails sur le martyre de Yasser Arafat », a-t-il insisté.
Les causes de la mort de Arafat, le 11 novembre 2004 dans un hôpital militaire français, n’ont pas été élucidées, et nombre de Palestiniens soupçonnent Israël, qui a toujours nié, de l’avoir empoisonné avec des complicités dans son entourage.
(Source : AFP)


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IL ÉTAIT TEMPS.... !
08 h 13, le 13 novembre 2013