L’opération a permis dans l’immédiat au réseau social de lever 1,82 milliard de dollars, un montant qui pourra monter jusqu’à 2,1 milliards de dollars si l’option de surallocation est exercée complètement. C’est loin des 16 milliards de dollars levés en mai 2012 par Facebook, qui détient le record de la plus grosse introduction en Bourse dans le secteur technologique aux États-Unis. Mais Twitter fait jeu à peu près égal avec le géant de l’Internet Google, qui occupe pour l’instant la deuxième place avec 1,92 milliard de dollars récoltés en août 2004, selon des données du cabinet de recherche Dealogic. « Les investisseurs voient les médias sociaux et le mobile comme indispensables, et ce n’est donc pas une surprise si l’entrée en Bourse de Twitter crée tant d’excitation et que la demande dépasse l’offre », commentait mercredi Eden Zoller, une analyste du cabinet de recherche Ovum, dans un commentaire par courriel. Selon que l’option de surallocation est exercée ou pas, c’est entre 12,8 % et 14,5 % du capital de Twitter qui seront désormais cotés en Bourse.
Valorisation démesurée comparée à la rentabilité ?
La valorisation boursière de Twitter peut sembler très élevée pour un groupe qui n’a jamais dégagé de bénéfices (il a encore accusé une perte nette de 134 millions de dollars sur les neuf premiers mois de 2013 pour un chiffre d’affaires de 422 millions) et dont la base d’utilisateurs est bien plus petite que celle de Facebook (232 millions de comptes actifs fin septembre contre 1,19 milliard).
Cela représente en quelque sorte un pari sur l’avenir. Le directeur général de Twitter, Dick Costolo, a ainsi souligné hier matin sur CNBC que l’important était « l’activité à très, très long terme que nous essayons de construire ».
« Il sera critique pour Twitter de réagir rapidement et efficacement après son entrée en Bourse pour (...) améliorer sa croissance et sa rentabilité », prévient Eden Zoller, soulignant notamment « l’urgence » de développer les recettes publicitaires en dehors des États-Unis. Les trois quarts des utilisateurs actuels et les principales opportunités de croissance du réseau sont à l’international, sur des marchés où la publicité en ligne est souvent moins mature et rapporte donc moins qu’aux États-Unis. Dans un discours prononcé mercredi à New-York, la présidente de l’autorité boursière américaine (SEC), Mary Jo White, s’est également inquiétée de l’intérêt peut-être démesuré des investisseurs pour des valeurs technologiques à la rentabilité incertaine, qui seraient leurrés par le nombre très important d’utilisateurs. La SEC s’inquiète « de l’impact sur les investisseurs de l’importance de certains de ces paramètres » comme le nombre d’utilisateurs. Pour certains investisseurs, « la véritable signification de ces paramètres (ou plus encore le lien entre ce paramètre et les revenus ou d’éventuels profits) peut ne pas être claire ou même identifiée », a-t-elle prévenu.
(Source : AFP)

