Bill de Blasio, qui a promis un « changement radical », ne pourrait être plus différent de Michael Bloomberg auquel il succédera le 1er janvier. M. de Blasio (52 ans), un Italo-Américain marié à une Afro-Américaine extrêmement présente, s’est durant toute sa campagne présenté comme l’anti-Bloomberg, opposant les plus riches au reste de la ville, et dénonçant les inégalités vertigineuses dans la plus grande métropole des États-Unis. Face à un maire milliardaire, fondateur de l’agence financière du même nom, qui passe ses week-ends aux Bermudes où il se rend en avion privé, M. de Blasio s’est présenté comme le défenseur des classes moyennes et des minorités, jouant à fond la carte de sa famille multiraciale. Ses deux enfants, Dante (16 ans) et Chiara (18 ans), étaient les visages de ses campagnes publicitaires.
Il a répété, meeting après meeting, qu’il voulait augmenter les impôts des plus riches pour financer l’école maternelle pour tous les enfants dès 4 ans, a dénoncé la politique de fouilles impromptues de piétons (« stop and frisk ») de la police new-yorkaise qui ciblent surtout les jeunes noirs et latinos ; promis de changer le chef de la police et de construire des dizaines de milliers de logements sociaux pour la classe moyenne. « Je suis un homme de gauche qui croit en l’intervention de l’État », clamait-il à l’envi.
L’outsider et l’ancienne lesbienne
Ancien conseiller municipal de Brooklyn (2002-2009) et ancien manager de campagne d’Hillary Clinton pour le Sénat en 2000, M. de Blasio était encore en juillet un outsider. Il a commencé à décoller en août, après que son fils Dante, dont la coupe afro fait merveille, eut vanté les mérites de son père dans un spot télévisé. New York découvre que Bill n’est pas, comme le dira sa fille Chiara, « un autre mec blanc ennuyeux ». Son épouse, Chirlane McCray, de six ans son aînée, est incontournable. Poétesse afro-américaine, militante de la première heure, ancienne lesbienne, elle l’accompagne sur le terrain, parle souvent à la tribune, relit ses discours importants, participe activement à sa stratégie...
Après le règne de M. Bloomberg, un pro-Wall Street bourreau de travail et souvent perçu comme hautain, qui n’évoque jamais sa vie privée, la décontraction joyeuse des de Blasio, qui vivent à Brooklyn dans une maison sans prétention, a payé. Les adversaires de Bill de Blasio ont toutefois souligné son expérience limitée pour diriger la ville et son discours parfois contradictoire. Politicien œcuménique, M. de Blasio a cependant pris garde durant sa campagne de rencontrer le monde des affaires et de l’immobilier,
principales sources de richesse à New York. À sa ville, il a beaucoup promis. De la disparition des calèches de Central Park à deux jours de congé scolaire pour les fêtes musulmanes, d’une aide aux petites entreprises en passant par la cantine gratuite dans les écoles ; sans oublier les infirmières, les personnes âgées, l’Université de la ville de New York (CUNY), la communauté homosexuelle ou les taxis : son programme de campagne n’a oublié personne.
Mais à quoi croit-il vraiment ? Même certains de ses amis confiaient récemment qu’ils n’en savaient trop rien.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine