Le secrétaire général de l’UGTT, Houcine Abassi, a simplement évoqué la possibilité d’écarter les partis politiques de la sélection du futur Premier ministre s’ils n’arrivent pas à un consensus, alors que tout nouveau gouvernement devra, pour entrer en fonctions, obtenir le soutien des islamistes et de leurs alliés, majoritaires à la Constituante.
Dans la sphère politique, islamistes d’Ennahda et opposants s’imputaient la responsabilité de l’impasse. « C’est la responsabilité de ceux (au pouvoir) qui ne veulent pas s’inscrire dans le consensus et sortir de la crise, a dit Béji Caïd Essebsi, chef du parti Nidaa Tounes. La suspension du dialogue ne peut que nous enfoncer dans la crise qui est déjà assez grave. »
Pour Ennahda, à l’inverse, l’opposition a provoqué le naufrage du dialogue en refusant le seul candidat valable à ses yeux : Ahmad Mestiri, 88 ans, ministre puis opposant du père de l’indépendance Habib Bourguiba, mais que ses détracteurs jugent trop vieux et trop faible. « Nous ne voyons aucun motif au refus du choix de M. Mestiri. C’est du devoir de la Troïka (coalition au pouvoir) de ne céder le pouvoir qu’à une personnalité connue pour son indépendance », a jugé le chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, sur Mosaïque FM. Il a néanmoins minimisé la gravité de l’échec du dialogue, bien que la vie politique et institutionnelle soit paralysée depuis plus de trois mois après l’assassinat le 25 juillet du député d’opposition Mohammad Brahmi. « Le dialogue va reprendre à un moment ou un autre car le pays en a besoin désespérément », selon lui.
Pour la presse, les deux camps sont à blâmer. « Les pourparlers ont révélé une crise qui s’ajoute aux autres crises politique, économique et sociale... C’est la crise de la domination de l’intérêt partisan au détriment de l’intérêt national », fustige le journal Assabah tout en mettant en garde contre le peuple qui « peut patienter un peu face à l’immaturité et aux désaccords des politiciens mais (qui) ne permettra jamais de mettre en péril l’avenir du pays ».
Le quotidien Le Temps conspue pour sa part « les atermoiements et les calculs étroits » alors que les Tunisiens vont « au lit taraudés par les soucis et le spectre d’un avenir incertain ».
Sur un ton plus optimiste, le président tunisien Moncef Marzouki a assuré pour sa part que la Tunisie surmontera la crise politique qui secoue le pays et le processus démocratique ira à son terme. « Quelles que soient les difficultés de l’instant, le processus avance, avec des ratés, avec des moments d’arrêt, mais nous sommes absolument déterminés à le poursuivre », a ainsi déclaré le président tunisien à l’Élysée après un entretien avec François Hollande.
(Source : AFP)


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