Les bars libanais proposant le cocktail Liquid Cocaine à la vente sont désormais menacés de poursuites. Photo AFP
Tripoli peine à sortir d’un énième round d’affrontements meurtriers ; le Liban doit gérer la présence et ses conséquences économiques, sécuritaires et politiques, de plus de 820 000 réfugiés syriens selon le HCR; l’économie est en berne, le tourisme aussi, la guerre aux frontières du pays... Le tableau est plus que sombre, mais le gouvernement (sortant depuis des mois), s’active. Ainsi, hier, le ministère du Tourisme a émis une circulaire interdisant la commercialisation du cocktail Liquid Cocaine.
« Conformément à une décision du ministre de l’Économie interdisant toute importation et commercialisation de produits de consommation portant une référence à des substances hallucinogènes et étant donné que de nombreux lieux touristiques, pubs, boîtes de nuit et restaurants, proposent la boisson dénommée Liquid Cocaine en violation de la loi en vigueur, le ministère du Tourisme demande à toutes ces entreprises de ne plus proposer, utiliser ou promouvoir ce produit ou tout produit similaire », écrit sans sourciller et le plus sérieusement du monde le ministère dans la circulaire. Le texte souligne en outre que les contrevenants s’exposent à des poursuites judiciaires.
Les ingrédients des différentes recettes dudit cocktail sont pourtant très clairement dénués de toute substance illicite : Grand Marnier, Southern Comfort (liqueur de pêche), vodka, amaretto, jus d’ananas, silver tequila, gin, rhum, Jagermeister, Sambuca, liqueur de menthe, Everclear, etc. Tout peut y passer, sauf, en aucun cas, de la cocaïne.
Sex on the beach aussi ?
L’information a naturellement suscité critiques et moqueries sur les réseaux sociaux.
« Liquid Cocaine interdit au Liban, comme si on ne pouvait pas changer le nom d’une boisson, il n’y a même pas de la cocaïne (dans cette boisson) », a lancé @meshklitmojtama sur Twitter.
« (Cette boisson) n’a rien à voir avec la cocaïne. (...) », soulignait, pour sa part, @HoussamMazraani.
« Le gouvernement libanais interdit que des shots soient baptisés Liquid Cocaine car... cela constitue clairement une menace à la sécurité nationale », ironise @Nour_Samaha.
« Liquid Cocaine a été interdit en se basant sur la théorie que la boisson contient vraiment de la cocaïne : (Et ensuite ? Sex on the beach ou blowjob ? (noms de boissons alcoolisées, NDLR) », s’interroge @Michel961.
Si ce n’était que le ministère du Tourisme...
Mercredi, c’est la Sûreté générale, sollicitée par le Centre catholique d’information (CCI), qui s’était illustrée en confisquant, la veille de Halloween, des déguisements jugés « offensants envers une religion ». La chaîne de télévision LBC avait diffusé des photos des déguisements représentant des robes de religieuses passablement raccourcies ainsi que des tenues de prêtres arborant une grande croix.
Dans un communiqué, le CCI avait souligné que ces costumes « sont une offense à l’habit des ordres de religieuses » et qu’ils « portent atteinte à la dignité des religieux et à l’image de l’Église ». « Nous n’accepterons en aucune façon qu’un de nos symboles soit bafoué de la sorte, sous couvert de liberté d’expression et d’opinion », pouvait-on encore lire dans le communiqué.
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En effet, il semblerait que ce cocktail contient des substances parfaitement licites, par conséquent le Ministre du Tourisme a très mal fait son travail et devrait s'excuser et se récuser.
17 h 58, le 02 novembre 2013