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À La Une - Exposition

Athier voit grand et en couleurs

Des toiles de grand format, de très grand format, sont accrochées à la galerie Ayyam* jusqu’au 30 novembre. Elles sont signées Athier Moussawi, dont le langage pictural allie d’une manière harmonieuse Orient et Occident.

« Tout chasseur peut être proie », une toile grand format d’Athier.

C’est sous le nom poétique d’Athier que s’est fait connaître ce jeune talent irakien, né à Londres et vivant entre la capitale britannique et Paris. Rencontré à Beyrouth dans le cadre de sa récente exposition, l’artiste, grand de taille et cheveux grisonnants malgré sa trentaine, parle de ses différents voyages dans les capitales occidentales et orientales, de l’exil et du déracinement, mais aussi des valeurs qui demeurent et qui survivent en soi et à tout. Né d’une mère artiste irakienne, Athier a grandi donc dans un milieu propice où son talent pouvait prendre toute sa dimension. Plus tard, les influences occidentales se sont surajoutées à ce terreau, formant un art hybride : « Je n’aime pas être coincé dans les étiquettes, dit-il, et je puise mon inspiration là où je peux. »

Géométrie... sur terre
Actuellement, l’artiste compte à son actif des expositions solo à Dubaï et Istanbul ainsi que des collectives à la National Portrait Gallery et la Royal Academy (Londres) ou encore à la Fondation al-Mansouriya (Paris).
Plus de trente couleurs vives et puissantes forment la palette d’Athier qui dessine des formes géométriques évoquant le cubisme, mais aussi des motifs islamiques rappelant l’Orient. Le trait est clair, précis, tantôt ondulant comme des arabesques. Le thème est également oriental puisqu’on retrouve dans plusieurs de ses toiles « l’aigle de Saladin », symbole omniprésent du nationalisme arabe, qui s’affiche sur la monnaie et le passeport irakiens. Et même si l’artiste évoque la mort, sujet prédominant dans les pays du M-O et « particulièrement étouffant et sclérosant à Beyrouth », dit-il, ses toiles composées de différentes textures respirent et sont, d’une façon étonnante, porteuses d’espoir. Serait-ce parce qu’elles sont de très grand format et que le peintre permet à l’art de s’étaler en prenant toute sa place ?
Ou à cause de cette lumière qui se dégage de l’espace pictural, malgré les paires d’yeux captifs qui vous scrutent dans plusieurs coins de la toile ?


Toujours est-il que le travail d’Athier qui a commencé dans les camps de réfugiés au Liban et baptisé étrangement « Tu ne peux m’exalter parce que tu ne peux me tuer » ne se veut ni politique ni engagé, mais simplement esthétique et interrogateur. L’artiste invite le regard à examiner, à travers ces strates de formes et de couleurs formant comme une tapisserie, les problèmes que vivent tous ceux qui ont un jour quitté cette terre d’exil ou d’accueil ou qui y sont encore.

*Beirut Tower, rue Zeitouné. Tél. : 01/374450.

C’est sous le nom poétique d’Athier que s’est fait connaître ce jeune talent irakien, né à Londres et vivant entre la capitale britannique et Paris. Rencontré à Beyrouth dans le cadre de sa récente exposition, l’artiste, grand de taille et cheveux grisonnants malgré sa trentaine, parle de ses différents voyages dans les capitales occidentales et orientales, de l’exil et du déracinement, mais aussi des valeurs qui demeurent et qui survivent en soi et à tout. Né d’une mère artiste irakienne, Athier a grandi donc dans un milieu propice où son talent pouvait prendre toute sa dimension. Plus tard, les influences occidentales se sont surajoutées à ce terreau, formant un art hybride : « Je n’aime pas être coincé dans les étiquettes, dit-il, et je puise mon inspiration là où je peux. »Géométrie... sur...
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