Depuis son arrivée au pouvoir après la mort de son père fin 2011, le jeune Kim Jong-un a présidé au lancement réussi d’une fusée longue portée (décembre 2012) et à un troisième essai nucléaire (février 2013), probablement le plus important des trois effectués jusqu’à présent. « La dénucléarisation doit rester l’objectif, mais un objectif plus lointain au regard de ces nouveaux développements », écrit Siegfried Hecker dans le Bulletin des scientifiques nucléaires.
Tout le monde s’accorde sur les avancées de Pyongyang en matière de nucléaire, mais les stratégies divergent sur la façon d’y mettre un terme. Avec toujours la même question : faut-il, ou non, négocier ? La Corée du Nord et la Chine, son voisin communiste et seul allié de poids, veulent une reprise des pourparlers à six, négociations entre les deux Corées, la Chine, la Russie, les États-Unis et le Japon, qui visent à convaincre Pyongyang de renoncer à son programme nucléaire en échange d’une aide, énergétique notamment. Ces discussions sont au point mort depuis décembre 2008. Pour Washington et Séoul,
Pyongyang doit d’abord faire preuve de sa volonté de dénucléarisation. Le Nord a maintes fois répété qu’il n’abandonnerait pas son programme. Résultat ? Une impasse. Reprendre les négociations avec Pyongyang sans que ce dernier ne montre une volonté de ralentir ses activités revient à accepter que le Nord devienne une puissance nucléaire, estiment ceux qui refusent un dialogue en l’état actuel des choses. Selon Paul Haenle, ancien représentant des États-Unis aux pourparlers à six, le dialogue avec Pyongyang avait toutefois au moins pour mérite de ralentir le programme nord-coréen.
Depuis décembre 2008, la Corée du Nord semble en effet avoir accéléré ses activités nucléaires. La communauté internationale a renforcé ses sanctions, mais malgré une coopération plus active de la part de Pékin, Pyongyang n’en est toujours pas réduit à choisir entre le nucléaire et la survie économique. À part une soudaine implosion de ce régime communiste et dynastique, Evans Revere, un ancien haut responsable du département d’État, dans un article publié par le centre d’études Brookings Institution, estime que négocier, au plus haut niveau, est la seule option disponible.
Près de deux ans après son arrivée au pouvoir, Kim Jong-un reste en outre un mystère aux yeux de l’étranger, mais les experts s’accordent à dire qu’il a réussi à traverser la délicate période de transition du pouvoir. Il n’est pas un réformiste, contrairement à ce qu’espéraient les chancelleries il y a deux ans. Pour Andrei Lankov, expert sur la Corée du Nord, pays parmi les plus fermés et secrets au monde, Kim Jong-un devra cependant prendre des risques, bien plus que son père Kim Jong-il, s’il veut rester au pouvoir, sous peine d’un véritable effondrement de l’économie.
(Source : AFP)


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