« Les évolutions très favorables de la compétitivité-coût espagnole apparaissent comme un nouveau défi pour ses concurrents, à commencer par la France et l’Italie », soulignent les économistes de l’institut dans leur rapport.
Ils parlent d’une « rupture très nette » en Espagne après la crise, avec un effondrement des coûts salariaux dans l’industrie de 14,6 % entre début 2008 et le printemps 2013, et une productivité horaire préservée.
Résultat : la part de marché en Europe des exportations allemandes « qui progressait nettement entre 1999 et 2007 a stagné, voire légèrement reculé depuis », celle de la France « en très net recul avant 2007 baisse moins nettement depuis et se stabilise même depuis trois ans », tandis que l’Espagne, elle, « gagne des parts de marché » aux dépens des autres européens.
Mercredi déjà, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) faisait le même constat concernant les salaires espagnols, en y trouvant surtout matière à inquiétude.
« En Espagne la situation des entreprises s’améliore de façon très importante » tout comme « leur compétitivité », a indiqué Xavier Timbeau, directeur du département « analyse et prévisions » de l’OFCE. « Le tissu industriel a été nettoyé. (...) Il y a eu des vagues de faillites, donc les entreprises qui survivent récupèrent des parts de marché » et « elles ont des salariés extrêmement motivés qui ont peur de perdre leur emploi, extrêmement peu chers car les jeunes diplômés sont prêts à travailler pour pas grand-chose » en raison du fort taux de chômage, a-t-il analysé.
Une situation plus dangereuse qu’enviable selon lui, car elle risque d’exacerber la concurrence entre pays européens et de tirer tous les salaires vers le bas. Par ailleurs, souligne-t-il, « les revenus des ménages espagnols baissent ». Or leurs lourdes dettes – notamment immobilières –, souvent à taux variables, risquent de gonfler fortement quand les taux remonteront, une vraie « bombe à retardement ».
Et de souligner aussi que « dans ce même pays un quart de la population est au chômage », et qu’« une fracture se creuse » entre ceux qui pourront profiter un peu d’un début de reprise et ceux qui resteront sur le bord de la route.
Selon les prévisions de la Banque centrale espagnole, l’Espagne a renoué au troisième trimestre avec une faible croissance de 0,1 %.
(Source : AFP)


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