Cependant, la poussée des extrémismes multiples, civils et religieux, les conséquences inéluctables du réchauffement planétaire sur le climat, les longs, pénibles, laborieux échanges et désaccords entre les chefs des grandes puissances aux Nations unies constituent autant de facteurs graves menaçant le monde que de questionnements sans véritables engagements. On parle encore, et tragiquement, du droit ou non à défendre l’humain, l’homme ou une quelconque population assassinée. Les circonstances politiques, régionales, internationales, les intérêts des uns, des autres et ceux des petits poissons aux grandes baleines, passeraient vraisemblablement en premier. Ainsi, manifester, expliciter les besoins stratégiques, débattre, insister, opposer un veto traduisent un écœurant et étourdissant carrousel appelé dialogue.
Ce nombrilisme entre individus appelés «grands» ne s’arrêtera que pour agir, quand il sera trop tard, à des massacres et à des horreurs. De nombreuses résolutions resteront souvent longtemps à l’état de vœux pieux, un bien lâche abandon.
Tel est l’ordre mondial des choses face aux drames sanglants reconnus par ceux qui sont censés préserver le droit et la justice sur la planète. Le monde «civilisé» de ce début de XXIe siècle inquiète profondément. Le citoyen ordinaire, angoissé, paniqué à l’idée de penser, de réfléchir, d’agir avec une cohérence cartésienne, semble n’avoir plus que de rares répondants. Cette histoire banale issue du trio classique famille-école-travail perd sa raison d’être. Ce qui subsiste de ces réalités, amères, de ces déceptions, c’est le choix de certains incorruptibles pour l’amour du genre humain. Ils ont appris de tous leurs pères : Adam, Moïse, Jésus-Christ, le prophète Mohammad, que quand la conscience résiste et défend avec acharnement la cause humaine, la voix du juste veille à demeurer le meilleur des héritages. Celui qui sauvegarde l’humanité de l’insulte au genre humain, des plus petits aux plus grands.
Joe ACOURY

