L’accord signé entre les deux sociétés publiques doit aider Rosneft à remplir le mégacontrat de 270 milliards de dollars signé en juin, qui doit doubler les livraisons de brut russe à la Chine sur 25 ans.
Il prévoit la création d’une société commune détenue à 51 % par Rosneft et à 49 % par CNPC, a indiqué le groupe russe dans un communiqué. L’entreprise sera bâtie sur la base du gisement de Srednebotouobink, dont Rosneft avait annoncé lundi avoir pris le contrôle total.
Ce gisement présente des réserves de 134 millions de tonnes de pétrole et 155 milliards de mètres cubes de gaz, a précisé Rosneft. Il ouvre en outre l’accès « à un grand nombre de petits champs de production de pétrole et gaz dans la région » et sa situation permet un accès aisé aux raffineries de Rosneft et aux infrastructures d’exportation vers l’Extrême-Orient.
L’accord révélé hier va « permettre d’accélérer la mise en œuvre des projets ambitieux de Rosneft et de
remplir les engagements pris par Rosneft envers la Chine », a commenté Valéri Nesterov, de Sberbank CIB.
« La Chine est notre principal partenaire économique. La Russie doit augmenter le volume de ses exportations et à l’aide des capitaux chinois stimuler le développement de la Sibérie orientale et de l’Extrême-Orient, actuellement en stagnation », a ajouté l’analyste, interrogé par l’AFP.
Les deux sociétés, avant de signer leur contrat géant en juin, étaient déjà partenaires, notamment dans l’Arctique, où l’extraction est très complexe et coûteuse.
Pékin cherche en effet à multiplier les sources d’énergie pour répondre aux besoins croissants de sa population et de son industrie. Outre ses partenariats avec Rosneft, la Chine participe au projet d’usine de gaz naturel liquéfié sur la péninsule de Iamal, dans l’Arctique russe, mené par le groupe privé russe Novatek avec le français Total. Elle négocie par ailleurs un gigantesque contrat gazier avec Gazprom qu’elle espère conclure avant la fin de l’année, mais les deux parties peinent à s’accorder sur le prix.
La Russie, de son côté, a tout intérêt à développer ses relations avec l’Asie au moment où ses liens avec l’Union européenne (UE) se tendent et alors que la demande reste médiocre sur le Vieux Continent.
Le pays a inauguré fin 2012 un nouveau tronçon de l’oléoduc Sibérie-Pacifique, d’une capacité de 30 millions de tonnes par an, qui relie le réseau russe de transport d’or noir à la côte pacifique, avec en ligne de mire le marché asiatique.
« Il est logique d’augmenter les exportations là où il y a de la demande pour notre pétrole », juge Alexandre Kirevnine, analyste de VTB Capital.
L’analyste souligne par ailleurs que Rosneft noue de plus en plus de partenariats avec de grandes compagnies étrangères, ce qui lui permet de partager les risques et d’attirer de nouveaux financements.
Le groupe, détenu à 69 % par l’État, entreprend de
nouveaux projets pour maintenir la Russie à son rang de premier producteur mondial d’or noir, acquis grâce à une forte croissance du secteur depuis dix ans. Les nouveaux gisements sont souvent plus compliqués et coûteux à exploiter que les gisements traditionnels, d’où l’intérêt d’attirer des compagnies étrangères comme l’américain ExxonMobil, avec lequel il coopère notamment dans l’Arctique.
Le groupe a aussi procédé ces derniers mois à de nombreuses acquisitions, dont celle de son concurrent TNK-BP qui a fait de lui le premier producteur de pétrole coté en Bourse dans le monde.
Très endetté, le groupe s’est cependant vu sanctionner hier par l’agence de notation Fitch, qui a abaissé sa note à un cran des emprunteurs jugés spéculatifs.
(Source : AFP)


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