Par ailleurs, la banque américaine a indiqué que le risque souverain pour le Liban demeurait relativement stable en dépit du niveau de risque élevé du pays dans un contexte de ralentissement de l’activité économique et de détérioration de la situation sécuritaire. Il faut préciser que « le risque du pays » fait référence aux risques encourus par les acteurs économiques lorsque ces derniers choisissent de faire des affaires dans un pays donné, tandis que le « risque souverain » est la capacité d’un État donné à honorer ses obligations financières à temps.
Citigroup a attribué la stabilité du profil souverain libanais à la résilience de son système bancaire et aux finances publiques certes « faibles mais stables ». La banque américaine a estimé que le déficit budgétaire s’était creusé mais demeurait en phase avec les moyennes historiques. Par ailleurs, l’institution financière a souligné que le secteur bancaire était toujours prêt et capable de financer le déficit du gouvernement. Selon Citigroup, si les banques affichent toujours leur volonté de financer ce déficit, c’est car ces dernières seraient sérieusement affectées en cas de défaut souverain.
Barclays également préoccupée
Même son de cloche pour la banque britannique Barclays. Dans son dernier rapport trimestriel sur les économies émergentes, elle a indiqué que la situation actuelle politico-sécuritaire au Liban renforçait la menace qui plane sur la stabilité macroéconomique. « Le ralentissement de la croissance et l’aggravation des tensions qui pèsent sur les finances publiques renforcent l’inquiétude autour des questions budgétaires et du challenge de la dette », a-t-elle souligné.
Barclays cite dans son rapport celui de la Banque mondiale (BM) qui a indiqué que le conflit en Syrie coûterait au Liban pratiquement 3 points de pourcentage de PIB par an sur la période 2012-2014. La banque britannique a en outre souligné les effets néfastes du conflit sur des secteurs-clés de l’économie libanaise comme le commerce ou le tourisme, ainsi que la pression accrue sur les prix. La crise syrienne pèse aussi à la fois sur la consommation et l’investissement, la confiance des investisseurs étant largement mise à l’épreuve, tandis que le bien-être des ménages est également affecté de manière négative.
Le nombre de touristes a effectivement chuté de 9,7 % en glissement annuel au cours des huit premiers mois de l’année de 2013, suivant un autre déclin de 12,4 % durant la même période de 2012. Par ailleurs, les permis de construire délivrés ont diminué de 15,8 % également sur une base annuelle impliquant un déclin des investissements dans ce domaine, ce qui découragera la demande locale par la suite, selon Barclays.
Dans ces circonstances, l’effet du plan de relance de la Banque du Liban (BDL) de 1,46 milliard de dollars, soit 3,5 % du PIB en mars dernier, reste encore à déterminer. Bien que presque les trois quarts de ce plan de relance aient déjà été octroyés, principalement sous la forme de prêts au logement et de soutien à des projets concernant les énergies renouvelables. Parallèlement, les crédits au secteur privé ont légèrement augmenté en mai, passant de 8,5 % à 9,9 % en glissement annuel en juillet.


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