Quelque 2 000 islamistes ont manifesté hier dans le nord du Caire, en évitant soigneusement l’emblématique place Tahrir, tandis qu’à Alexandrie, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des islamistes lorsqu’ils se sont affrontés avec des civils, selon un responsable de la sécurité. Dans la capitale donc, les quelque 2 000 partisans du président islamiste déchu Mohammad Morsi se sont rassemblés devant le palais présidentiel à Héliopolis, arborant des photos de M. Morsi, renversé et arrêté par l’armée le 3 juillet. Les islamistes égyptiens ont toutefois demandé à leurs partisans de ne pas se rendre sur la place Tahrir lors des manifestations hebdomadaires du vendredi, plus de 70 personnes ayant péri en une semaine. Le ministère de l’Intérieur a d’ailleurs mis en garde les islamistes contre toute tentative de se rendre sur cette place symbolique. « Nous avons pris cette décision pour calmer les choses après les événements du 6 octobre », a expliqué Tareq Hussein, un responsable d’une composante de l’Alliance pour la démocratie et contre le coup d’État, menée principalement par les Frères musulmans, en référence aux heurts entre la police et des manifestants pro-Morsi qui ont fait 57 morts.
Des places inaccessibles
Le ministère de l’Intérieur a affirmé qu’il avait renforcé la sécurité sur la place Tahrir et les rues autour, ainsi qu’aux abords de l’ambassade américaine, en plein centre du Caire. « Nous empêcherons toute tentative des Frères musulmans de tenir un sit-in sur la place Nahda », a affirmé le ministère dans un communiqué rapporté par l’agence MENA, et des journalistes de l’AFP ont vu des forces de sécurité fermer les places Nahda et Moustapha Mahmoud.
De son côté, l’Alliance a dénoncé dans un communiqué un régime « mis en place par le coup d’État (qui) fait couler le sang, sans aucun respect pour les lois et les valeurs de nos grand hommes ». La coalition « appelle donc les manifestants à éviter les places de carnage, que ce soit Tahrir ou les autres », selon le communiqué. Cet appel ne remet cependant pas en cause « le droit de manifester sur toutes ces places, dont Tahrir, Rabaa et Nahda, dans les semaines à venir », a prévenu l’Alliance. Ces deux dernières places ont vu de vastes campements de pro-Morsi balayés dans le sang par les forces de l’ordre le 14 août. Des centaines de personnes ont été tuées dans ces opérations, et plus de 2 000 islamistes ont été arrêtés dans la foulée, dont la quasi-totalité des dirigeants des Frères musulmans.
Par ailleurs, au moins neuf soldats égyptiens ont été blessés hier quand des engins piégés ont explosé au passage de leurs véhicules à Rafah, ville égyptienne à la frontière entre le Sinaï et la bande de Gaza, selon un responsable de la sécurité.
(Source : AFP)
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